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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

La 5ème rando des 3 châteaux à Naussannes(24) du 10 mai 2015

14 Mai 2015, 19:12pm

Publié par Piw

- EPISODE 103 -

NAUSSANNES SOUS LE SOLEIL !

UNE RANDO DES TROIS CHATEAUX EXTRAORDINAIRE !!

 

            Voilà déjà quatre ans que nous avons découvert cette randonnée. Quatre ans que nous revenons en ces terres Baumontoises à chaque début du mois de mai. Quatre ans que pour rien au monde nous ne manquerions l'une des plus belles randonnées qu'il nous est donné de rouler. Je veux bien sur parler de la rando des trois châteaux à Naussannes qui fête aujourd'hui sa cinquième édition. Ce dimanche promet d'être une très belle journée, le soleil brillant déjà de ses milles feux, faisant grimper les températures au point de se croire en plein été, une aubaine ! Le départ ne va plus tarder à être donné, et c'est impressionnant le nombre de vététiste que nous sommes. Chaque année, c'est toujours plus nombreux que nous venons rouler ici, preuve que cette randonnée n'a plus rien à prouver et qu'elle tient une place toute particulière dans le cœur de ceux qui sont revenus aujourd'hui, sans compter ceux qui vont la découvrir pour la première fois et qui vont en repartir le regard baigné d'étoiles...           

 

           C'est fébrile et un tantinet impatient que nous attendons le signal du départ. Celui-ci ne tarde pas à être donné, lorsque neuf heures sonnent dans les clochers alentours. La masse que nous formons va mettre un peu de temps à s'étirer. Chacun y va de son rythme, de ceux qui jouent la prudence à ceux qui foncent tête la première, les premiers kilomètres sont l'occasion de se mettre en jambe. La traversée du ruisseau de Naussannes et les nombreuses flaques qui l'accompagne nous permettent d'assister à quelques glissades sous les fracas et les vivats de cette foule à deux roues. Bientôt, le premier des trois châteaux promis se dévoile, géant de pierre émergeant d'entre les arbres, imposant un silence surnaturel à ceux qui longent les épais murs formant son enceinte. Dissimulé aux regards de tous, le château de Luzier n'en n'est pas moins un bijou d'architecture ! En plein cœur de cette nature verdoyante, celui-ci offre un spectacle qu'il est si bon que de redécouvrir chaque année. Nous passons devant l'immense portail qui garde son entrée, dont ne manque que sur sa façade les mots « toi qui entres ici, abandonne tout espoir » pour ne serait-ce se croire qu'un instant aux côté de Dante et de sa Divine Comédie. L'on finit par laisser cette page d'histoire derrière nous, dévalant les prés qui nous séparent des sombres chemins que nous allons trouver au cœur des bois de Peyroulet.

           

 Lorsque nous quittons l'humidité de ces bois, nous avons atteints les hauteurs du Pech del Four. La vue est superbe. L'immensité semble minuscule ou n'est-ce simplement que l'inverse ? Pas question de lâcher l'étroite trace créée à travers ces pâtures, même si l'envie est forte que de profiter de ce saisissant contraste auquel nous convient le vert de l'herbe et le bleu du ciel, dans un vertige de liberté, nous rendant presque insignifiant au regard de cette nature immense. Le retour à la réalité se fait alors que nous entamons la longue montée vers les hauteurs de la Plane. Une rapide descente en suivant et le château de Banne se découvre à nous, surplombant les alentours de son tertre rocheux. Encore une fois, pas question que de perdre une seule miette du spectacle qui nous est proposé. Une halte s'impose pour immortaliser l'instant, sublimé par ce soleil généreux et cette verdure puissante. Un pur régal pour les yeux et pour l'esprit ! Le premier ravitaillement se tient à peine plus loin, et beaucoup de monde se croise ici, refaisant le plein de vitamines.

 

            Nous entamons la deuxième partie du tracé. Pour je ne sais quelle raison, Bruno et moi décidons de fortement accélérer le rythme. Les paysages défilent à toute vitesse. Nous dépassons d'autres vététistes, rigolant nous même de cet accès de folie qui vient de nous piquer. Mon collègue ne tarde pas à mettre les voiles et je décide à calmer un peu le jeu, tout en gardant un rythme convenable. Le vieux chemin près de la Vergne Basse est toujours aussi étroit et technique. Je dévale la Combe Molière et rejoint le superbe chemin du Rocher du Corbeau. Ces énormes rochers s'avancent jusqu'au dessus du chemin pour former une couverture calcaire. Une fraîcheur soudaine nous entoure, la roche gardant encore en elle l'humidité des nuits passées. Mes collègues me rejoignent un peu après. Au cœur du Mas de Bonnet, nous allons vivre le plus beau passage de pilotage du tracé. Une trace sinueuse, étroite, longue, par endroit très technique. Un pur régal ! L'on monte et l'on descend maintes et maintes fois, prenant un malin plaisir à redécouvrir ce single sauvage. Les jeunes arbres sont légions, et l'on ne sort jamais du couvert de cet épais feuillage. Restant vigilant aux nombreuses racines et autres cailloux, l'on profite pleinement du moment. La trace surplombe le GR de Pays du Beaumontois, courant sur le Rocher du Corbeau et dévoilant furtivement entre les branches la colline voisine. L'endroit est « oniriquement » sauvage, perdu, loin de tous, ou tout du moins est-ce l'impression qui se dégage des lieux. Et, au bout d'un moment, semblable à une éphémère éternité, nous quittons l'endroit, retrouvant traces de civilisation et la deuxième pause dans le village de Bayac. Nous y retrouvons Bruno, et prenons à notre tour le temps une nouvelle fois de refaire le plein d'énergie !

            En avant pour la troisième partie du tracé ! Les premiers kilomètres qui suivent la pause sont calmes et roulants. Il va en être tout autre des suivants ! A l'entrée de Bourzac, nous entamons la longue, très longue montée vers les plateaux de Boyer. Même dans mes souvenirs, ce chemin ne me semblait pas si long, si fatiguant, si redoutable. A chaque nouveau virage, l'espoir de voir enfin le bout est rapidement balayé par cette inexorable ascension. Il fait chaud, les souffles sont bruyant, bref, autant dire que l'on a connu des jours meilleurs ! Ce n'est donc pas fâché que nous profitons de la descente suivante, qui nous emmène sur un chemin large au départ et qui prend bientôt l'apparence d'un sentier oublié, dont les deux murs le longeant ont depuis longtemps perdus la majorité de leurs pierres. Sur cette portion, le tracé ne nous ménage guère. Il nous faut gagner Monsac et pour se faire il va nous falloir rejoindre le vallon suivant. C'est une nouvelle montée ardue qui nous attend, où le soleil tape fort. Mais bientôt, au bout d'une descente rapide et salvatrice, les vielles bâtisses aillant gardé un charme d'époque du village de Monsac nous accueillent. Rien ne semble avoir changé en ces lieux depuis des siècles, et nous y trouvons tous ce qui fait le charme du Périgord ! Nous trouvons aussi le troisième ravitaillement, déjà, mais après ce que l'on vient de faire, autant dire que celui-ci ne peut faire que du bien !!

 

            C'est à présent parti pour le dernier morceau. Les jambes sont quelque peu douloureuses, la fatigue se fait sentir, mais la beauté des lieux et le plaisir que de rouler ici nous poussent à toujours avancer, conscient malgré tout que tout ceci prendra fin bientôt. Nouvelle montée, avant de faire un petit tour sur la piste de motocross. Une parenthèse ludique et agréable ! Nous suivons maintenant les traces du GR de tout à l'heure. Bordé de hauts murs en pierres sèches, l'on ne devine qu'à peine les toits des maisons fortifiées de Boutet. Ce calme soudain fait le plus grand bien, surtout que le final s'annonce épique. Redescendus dans la vallée du Couzeau, c'est allègrement que nous traversons celui-ci, à l'eau encore bien fraîche. Jusqu'à Couderc, c'est une nouvelle trace sinueuse qui nous guide. Raide montée, marches sauvages et autres rochers, voilà le 

décor que nous découvrons. Retour à la 

technicité donc, jusqu'à rejoindre les plateaux de la Capelle où nous jetons nos dernières forces dans une âpre bataille de vitesse. Naussannes se dessine maintenant devant nous, l'on retourne à la réalité, après ces quelques 3h30 de rêves éveillés ! L'on nous retire les plaques de cadres, et allons nous rafraîchir autour d'une pression bienvenue. Ainsi s'achève pour nous cette cinquième édition d'une des plus belles randonnées de l'année !

 

            Les années se suivent, et cette rando des trois châteaux ne perd guère de sa superbe ! C'est toujours un réel plaisir que de redécouvrir ses chemins et sentiers qui regorgent des âmes des temps anciens. Quel bonheur que de se laisser porter par cette trace intelligente, joueuse, technique, ludique, et qui allie les richesses de notre patrimoine, son passé, son histoire avec le plaisir de rouler, toujours, le regard sans cesse à l'affut, afin de n'en perdre aucune miette, de graver dans sa mémoire chaque trésors, chaque surprises, et d'en ressortir presque grandit. Imaginez une bulle coupée du temps. Et maintenant, imaginez-vous dans cette bulle, à vivre trois heures en dehors des choses, ni le temps ni l'espace n'ayant d'emprise à l'intérieur de cette sphère. Trois heures à côtoyer les vagues des temps anciens, à se laisser porter par des chants cristallins se mêlant au doux sons des cordes d'une lyre que seul votre esprit est en mesure d'entendre, à perdre toutes notions de passé ou de présent, ne voir le futur qu'avec deux roues. Voilà ce que m'évoque cette randonnée, comme deux parenthèses dans le temps, qui reprend son cour une fois celles-ci refermées, mais dont l'espace entre les deux est d'une richesse infini, et où l'esprit a pu retourné aux fondamentaux des choses, revigorant le corps et l'âme d'une force nouvelle !

 

Une randonnée à vivre, intensément, tout en se laissant porter par son charme envoutant... !!

La 5ème rando des 3 châteaux à Naussannes(24) du 10 mai 2015
La 5ème rando des 3 châteaux à Naussannes(24) du 10 mai 2015

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