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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

La Sauveterroise, 3ème édition, à Sauveterre-la-Lémance du 03 mai 2015

4 Mai 2015, 16:45pm

Publié par Piw

 EPISODE 102 -

QUAND LA TRACE NE CHANGE PAS !

QUARANTE KILOMETRES DANS UNE BOUE DANTESQUE !!

 

            En ce premier dimanche du mois de mai, nous allons rouler sur la 3ème édition de la Sauveterroise, à Sauveterre-la-Lémance. Autant dire que nous sommes en terrain conquit ! Nous savons que, une nouvelle fois, nous allons rouler sur des chemins détrempés et n'allons pouvoir éviter les nombreuses flaques d'eau et de boue qui vont émailler toute cette matinée. Le départ étant donné à 8h30, Bruno et moi arrivons un peu avant et retrouvons sur place le SNCB presque au grand complet. A priori, le tracé est identique à celui de l'année dernière, ce qui est loin de faire preuve d'originalité, même si les chemins empruntés sont au demeurant superbe. Nous nous inscrivons pour le circuit de 40 kilomètres, ce qui sera largement suffisant vu les pluies des jours passés !

 

            Nous quittons la grande place du village en direction de L'Estang. La première montée nous met vite à l'épreuve. Le doute n'est plus permet, nous allons glisser toute la matinée ! Le rythme n'est pas très élevé, le nombre de participant sur ce sentier étroit n'aidant pas à garder une trajectoire idéale. L'on dévale la superbe descente dont le chemin partage des champs où le maïs est à peine né, dévoilant un paysage à la verdure puissante 

et donnant une énorme impression de liberté. Sur les traces du GR de pays, nous filons à travers les bas-fonds de la fontaine de Fregefond. L'humidité est ici à son paroxysme. Couvert par un feuillage à présent bien épais, les lieux n'en sont que plus lugubre. Une légère brume se fait éphémère par moment, et le ciel bas et gris ajoute une tension supplémentaire à l'atmosphère qui règne ici. La montée est épuisante, et nombreuses sont les fois où nous sommes obligés de pousser nos montures sur quelques dizaines de mètres. Les choses redeviennent à peu près normales lorsque nous quittons les Bois d'Aillon pour entamer la 

longue et monotone descente pour atteindre les terres Lotoises et la vallée de la Thèze.

           Le décor change. L'humidité d'il y a peu laisse place à un air plus sec. Le buis et les pierres grises se font plus présentes. L'on serpente à vive allure sur se chemin bien connu des environs et qui nous emmène rapidement au premier ravitaillement de cette matinée. Et quel ravitaillement ! Des sandwich aux divers fruits, en passant par le fromage, les pates de fruits, les bonbons et même du café, le choix est immense et c'est un vrai plaisir que de trouver tel étalage ! L'on reste un petit moment sur place avant de poursuivre sur la trentaine de kilomètre qu'il nous reste encore à parcourir.

 

            Nous quittons cette vallée un peu plus loin. Et allons entamer dès lors une longue et épuisante ascension. Le chemin tourne sur gauche un peu après la Borde. Nous retrouvons aussitôt une ambiance très humide. Jusqu'à les Espinards, tout n'est que montée et gadoue. Ici plus qu'ailleurs, l'air est chargé d'humidité. Les brumes sont plus épaisse que tout à l'heure, et l'imagination a vite fait de faire son œuvre, se perdant rapidement dans cette ambiance étrange, sombre, mais si poétique et reposante. Un calme surnaturel règne en ce lieu, à peine troublé par nos souffles plus ou moins maitrisés. L'impression d'être coupé du monde est immense, l'on peut presque percevoir les milles et une histoires dont regorge l'endroit, on les sent presque palpable en tendant la main, fermant les yeux et se laissant emporter par des fantômes du passé qui errent au milieu de cette nature renaissante, dont les odeurs se mélangent dans un parfum envoutant. Un instant d'éternité loge ici, gardant de notre passage qu'une trace fugace et subtile, mais nous ayant convié à un voyage où les songes furent éveillés...

            Le tout se poursuit par une longue montée par le bitume avant de retrouver de nouvelles ascensions au milieu des vastes forêts. Par moment, le paysage se fait plus vaste, laissant apparaître vallons et vallées verdoyants. Enfin, sur les hauteurs du Ténément du Bois Redon, nous allons pouvoir reposer les organismes car la descente qui s'annonce promet d'être longue et jouissive ! Même si nous la connaissons par cœur, cette descente est l'une des plus belles de nos terres. Jusqu'à retrouver le Moulin de Redon, la trace se fait tantôt sinueuse, tantôt rapide, en plein cœur des bois ou en lisière de pré, la monotonie n'a ici pas sa place ! L'on dévale les kilomètres comme des gamins, se jouant des flaques de boue ou des branches nous fouettant bras et jambes. Les toits de « la Ville » et le donjon du château de Sauveterre se dessine au travers des arbres, signe que nous sommes de retour dans la vallée de la Lémance.

            Nous allons longer ce ruisseau, par ce chemin où les pieds de buis sont sans âges. Pêcheurs et historiens tiennent ce lieu à cœur, les uns pour les nombreuses truites qui y fraient, les autres pour les vestiges des tous premiers hommes que l'on peut encore y découvrir. Nous leur rendons bientôt ce chemin, et découvrons le second ravitaillement sous les hautes falaises de Lavaur. A nouveau, la pause est gargantuesque, il n'en est que plus difficile de repartir !

 

            Nous entamons la dernière partie de cette randonnée. Nous suivons le chemins des Fontaines, bien connu des environs. Les efforts consentis tout du long pour s'extirper à nombreuses reprises de la boue se font dès à présent sentir dans les jambes. La montée pour gagner les hauteurs de Peyre Brune n'est pas des plus facile. Mais nous savons que nous sommes presque arrivé. La longue piste menant jusqu'à la Croix de Veyrines est derrière nous. La descente par ce sentier très étroit jusqu'à l'église de Veyrines est un régal, même si le chemin fort boueux calme rapidement nos ardeurs. Enfin, nous déboulons à Lasfargues et terminons cette troisième Sauveterroise par le bitume, sans finir la tête dans les orties cette année ! (Je vous renvoi au récit de l'an passé !). Un passage par la case lavage vélo s'impose avant de profiter d'une pression bien fraîche accompagnée d'une sympathique barquette de frites, il n'y a pas de raisons !

 

            Ainsi s'achève cette nouvelle Sauveterroise. Rendue plus ardue en raison de chemins par endroit à la limite du praticable tant les pluies furent nombreuses, le tracé ne nous a pourtant guère surpris. Qu'il est dommage que d'avoir réutilisé le même que l'an passé... En trois ans, nous avons eu droit à trois fois le même circuit, tantôt en ce sens, tantôt en sens inverse. Alors certes, celui-ci est fort sympathique, propose de jolis paysages, quelques passages techniques bienvenues, mais n'avons nous pas assez de chemins et sentiers en nos contrées pour proposer un peu de nouveauté ? Il est vrai qu'il n'est pas simple que de concevoir et mettre au point un tracé, où il faut allier difficultés et moments plus calmes dans un équilibre parfois incertain, placer les ravitaillements à bon escient, ni trop loin ni trop proche les uns des autres, et je passe sur des dizaines d'autres points pas toujours évident. 

Et je me permet d'en faire la remarque, étant moi-même traceur pour notre randonnée, je connais par cœur les difficultés d'une telle entreprise. Mais il est dommage de s'arrêter à cela. Il n'y a pas joie plus immense que de faire plaisir au plus grand nombre et de voir des étoiles dans les yeux de ceux qui ont suivit votre trace, qui l'ont vécu, et qui, quelque part, se la sont un peu appropriée, pour le temps d'une matinée, en faire leur terrain de jeu, y ont rigolé, y ont transpiré ! Voilà le but même du traceur, découvrir pour ensuite faire découvrir des sentiers oubliés, des paysages rares et des vestiges uniques.            Cela n'est que mon humble avis, et je trouve fort dommage qu'en trois ans d'existence, la Sauveterroise nous resserve encore les même chemins... Malgré tout, ne terminons pas sur cette note un brin négative, et louons les ravitaillements qui furent et bien placé et surtout très bien garnis ! Donc, rendez-vous l'année prochaine, en ces terres où naquit la culture du Sauveterrien !

Sylvain « Piw »

 

Circuit : 42 kms / Durée : 2h35 / Moyenne : 15,3 kms/h / D+ : 730

La Sauveterroise, 3ème édition,  à Sauveterre-la-Lémance du 03 mai 2015
La Sauveterroise, 3ème édition,  à Sauveterre-la-Lémance du 03 mai 2015

Commenter cet article

Comité des fêtes 04/05/2015 21:43

Merci "Piw" pour ce joli récit. Ces trois années passées, la "Sauveterroise" est maintenant bien lancée. Nous vous promettons pour l'an prochain de nouveaux tracés pour que vous puissiez profiter de nos beaux paysages, ainsi que des ravitaillements toujours aussi garnis !
A l'année prochaine !

Piw 04/05/2015 23:08

Merci à vous surtout de faire vivre et connaître notre belle région en proposant cette randonnée ! Et merci aussi que d'avoir partagé ce récit sur votre site. Je me réjouit d'avance de découvrir les nouveaux tracés que vous nous concoctez pour l'année prochaine. C'est une très bonne initiative ! A l'année prochaine donc, je ne manquerai pas de venir rouler sur la 4ème Sauveterroise !
Et de votre côté, n'hésitez pas à venir faire un tour sur notre rando à Blanquefort cet été, le 9 août !