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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

Dans les vallées autour de Monflanquin(47) du 1er décembre 2013

8 Décembre 2013, 20:07pm

Publié par Piw

- EPISODE 42 -


GELÉES BLANCHES DANS LES VALLÉES MONFLANQUINOISES !!

 

             Nous voici déjà au tout premier jour du dernier mois de cette année... Comme le temps passe vite... mais comme celui-ci est riche de nouvelles choses ! Aujourd'hui, nous laissons Lacapelle pour une sortie au départ de Monflanquin. Et aujourd'hui, c'est le club de Cancon en maître de cérémonie, avec deux boucles au programme : la première, de dix-sept kilomètres, va nous envoyer au nord-ouest de la bastide, à travers plaines et vallées encore gelées. La seconde, longue de vingt kilomètres, va nous emmener au sud, où les bois et les montées ardues se feront plus nombreux. En plus de ce programme alléchant, nos organisateurs ont prit le soin de préparer un ravitaillement maison auquel nous aurons droit au retour de la première boucle...

 

Chapitre 1 : La première boucle

 

vlcsnap-2013-12-08-20h36m22s248             Dehors, le thermomètre flirte avec les moins deux degrés. Les prairies derrières la maison sont couvertes d'une importante couche de gelée blanche. Le ciel est clair, et pourtant, les arbres se parent eux aussi d'une fine pellicule de givre. Depuis plusieurs jours déjà, nous voilà de plein pied dans la si peu appréciée saison hivernale. Il est presque huit heures trente. Le vélo chargé dans la voiture, me voilà en route pour Monflanquin, point de ralliement de cette matinée. Le chauffage à l'intérieur de l'habitacle tourne plein pot, je monte le son de la musique, comme pour me donner un peu plus de courage. Nous allons avoir froid, cela ne fait aucun doute ! Le soleil, d'un orange très pale, émerge à peine de sa torpeur nocturne, ses rayons n'arrivant pas encore à faire briller le carcan de glace qui emprisonne une nature engourdie dans le froid. Finalement, je croise quasiment personne sur la route, et, tout à mes pensées, me demande combien nous allons pouvoir être à rouler aujourd'hui. J'arrive finalement sur la place du 8 mai, en ce jour de fête de la Saint-André. Et le balais des voiture commence. Des visages connus arrivent d'abord, bientôt suivis par les Canconnais, puis d'autres courageux et c'est enfin au tour de mes compagnons de route de faire leur entrée. Après moult salutations, notre groupe se forme pour prendre le départ de la première boucle, et nous ne serons pas moins de quatorze à partir, la tête enfoncée au maximum dans le col montée au plus haut de nos vestes.

             Le départ sera polaire. Les deux premiers kilomètres nous font quitter Monflanquin par le bitume, sur la D124 et en descente. Une torture. La moindre petite parcelle de nos êtres tremble de froid et frémis au contact de cet air glacial. Cet air qui vient vous fouetter le visage, tétaniser vos doigts. Secrètement, chacun espère que ce calvaire ne va pas durer longtemps. Et en effet, dès que notre troupe quitte cette départementale pour s'engager sur une petite route de campagne remontant sur les hauteurs, l'air devient soudain plus doux, si t'en soit peu que l'on puisse parler ainsi, et étrangement, les premières discutions font enfin leurs apparitions. Le décor aussi se fait plus « festif ». Imaginez : la lumière orangée d'un soleil tout juste levé donnant des teintes dorées aux plaines encore gelées d'où émergent par endroit de vieux chênes au feuillage encore très abondant, le tout sous un ciel bleu azur. Juste superbe. Nous laissons pour un instant ce spectacle matinal et entrons pour quelque temps sous le couvert d'un long bosquet. Ici, les feuilles tapissent abondamment le sol, dissimulant une terre encore très humide et piègeuse. Les nombreuses flaques d'eau vlcsnap-2013-12-08-20h38m01s49nous obligent à redoubler de vigilance, surtout lorsque celles-ci sont couverte d'une fine couche de glace, attestant de la froideur du ciel nocturne. Nous trouvons ensuite une portion de bitume, et c'est juste après Bramel que nous allons enfin donner un peu plus de vitesse à cette sortie...

 

 

             La descente que nous dévalons à présent est très rapide et fait taire nos nombreuses discutions. L'heure est au contrôle, même si rien de vraiment technique ne vient déranger notre vitesse. Nous atteignons rapidement David bas et retrouvons une nouvelle fois de vastes pâtures, marque de fabrique de cette première boucle. L'herbe ralentit considérablement notre progression, et pourtant, rien ne vient gâcher ce décor décidément très « aéré ». C'est vaste, très vaste, de l'herbe à perte de vue sur cette plaine légèrement vallonnée. Et planté là, comme une sentinelle ayant oubliée le but premier de sa position, se trouve un vénérable chêne, témoin silencieux de notre passage, et avec lequel le soleil se plaît à jouer à cache-cache à mesure que nous nous rapprochons de lui. Un tel paysage invite l'esprit à se perdre dans des méandres chimériques d'un imaginaire trop fertile. Il ne faut parfois pas grand chose pour apporter plénitude et réconfort. Si peu, si simple, et pourtant...

             Dans le ciel, le soleil poursuit son inexorable course vers le crépuscule. Et même si celui-ci réchauffe les terres, certains endroits encaissés, ne voyant que rarement ses rayons en cette saison, garderont très certainement cette gelée blanche jusqu'à ce que les températures redeviennent agréables. Nous quittons les traces du GR363 juste après Beyssac. Voilà un petit moment que nous roulons sur le bitume, faisant monter une moyenne déjà bien élevée. Sur la dernière partie de cette boucle, nous voilà de retour dans une profonde vallée, où coule « La Lède », et où ici aussi l'herbe est encore blanche. De nouveau, nos regards se perdent dans ce jeux des couleurs, créant mille reflets aux éclats jouant entre des arbres nus de tout feuillages et d'autres à la frondaison encore abondante. Nous quittons ce vallon pour la longue remontée vers Monflanquin. La difficulté de ce passage réside seulement sur la durée de l'ascension. Non que la pente soit importante, mais l'herbe, pareil à des centaines de mains s'agrippant à vos roues, vlcsnap-2013-12-08-20h38m29s78vous ralentit de façon importante, quand ce ne sont pas les cailloux de la deuxième partie qui semble se prendre pour des savonnettes et apporter une nouvelle difficulté. Enfin, nous apercevons Monflanquin, si proche et pourtant si loin...

             En effet, pour conclure cette première boucle, il va nous falloir monter au cœur du village, par un passage sinueux et très grimpant. Chacun y va à son rythme et le point de vue qui s'impose à nous une fois en haut en valait vraiment la peine ! Des plaines à l'infini, d'où émergent le Pech de Paulhiac, semblant finalement bien petit de là où nous nous trouvons. Pour finir, nous vagabondons dans les anciennes rues du village, où le charme des vielles pierres n'a d'égal que cette atmosphère si particulière dont seule les anciennes bastides ont le secret. Nous venons de boucler les dix-sept premiers kilomètres de cette sortie, et c'est l'heure maintenant de la pause. En effet, le club de Cancon nous a préparé un ravitaillement gargantuesque. Celui-ci fait la par belle à la charcuterie et au bon pain encore chaud sortant tout juste du fournil. C'est donc une pause assez longue et consistante à laquelle nous prenons part, avec le petit verre de rosé pour l'accompagner !

 

Chapitre 2 : La seconde boucle

 

             Nous voilà de nouveau sur le départ, prêt à découvrir les vingt kilomètres de cette seconde boucle. Notre troupe va quelque peu se réduire puisque cinq d'entre nous décident d'en rester là. Nous voilà malgré tout à neuf, redonnant de lourd coups de pédales après ce que l'on vient d'avaler.

vlcsnap-2013-12-08-20h38m57s84             Nous quittons Monflanquin par le Clos des Pères. D'entrée, le tracé nous fait trouver un chemin assez large. L'heure est maintenant bien avancé, en témoigne le soleil déjà haut dans le ciel. L'air s'est quelque peu réchauffé et le dégel des sols est à l'œuvre. Nous nous en apercevons rapidement, lorsque nos roues prennent des proportions impressionnantes alors que la terre vient se loger sur nos pneus, pour ne plus s'en détacher. Nul doute que cette seconde partie va réellement différer de la première ! Au loin, nous apercevons les premiers murs du château de Secrétary, vaste domaine en pleine nature, bordé de champs, de quelques bosquets le long desquels s'écoule la Gaube, approvisionnant quelques petits étangs. Nous laissons ces bâtisses à l'aspect très Renaissance pour s'engager sur une pente très rapide. Une longue et très joueuse descente, agrémentée de pierres habillement dissimulées ici et là. Très peu de bitume pour l'instant et des chemins plus variés et plus techniques que tout à l'heure, ça fait plaisir ! Toujours dans cette profonde vallée, nous laissons Blancal, où l'air est soudain plus frais et où les herbes ne quitterons probablement pas leurs habits blancs brillants de la journée. L'humidité est omniprésente, et le chemin se transforme par endroit en un véritable marais nauséabond.

             Ce n'est que plusieurs kilomètres plus loin que nous regagnons finalement les hauteurs, au cœur des Plaines de Labanie. A nouveau, le spectacle est enchanteur. C'est après une bonne montée sur la route que nous gagnons le petit village de Labarthe et son imposante église. L'impression des premiers kilomètres de cette deuxième partie se confirme : nous avons droit à un changement de ton radical ! Même si quelques très jolies paysages et monuments se vlcsnap-2013-12-08-20h39m28s151rappellent à nous, le terrain en fait tout autant ! Plus difficile, beaucoup moins roulant, plus technique, cette boucle laisse de côté le plaisir des yeux pour le plaisir du pilotage ! Et preuve est faite sur cette courte mais sournoise descente, que nous entamons sous les conseils quelques peu alarmiste de Pascal, nous faisant par des déboires de l'un de ses collègues sur cette même descente. Un nouveau passage dans la vallée avant de trouver une nouvelle montée nous permettant de rejoindre Corconat. Ici, la beauté des lieux cache en réalité une ascension longue et ardue. Ça grimpe, énormément, nous faisant oublier à quel point le brun des feuilles sèches contraste agréablement avec le vert humide de l'herbe, le tout dominé par les ombres allongées des arbres plus solitaires. Enfin, nous traversons Corconat pour s'engager sur la partie la plus épique, la plus comique et la plus humide de cette matinée...

 

vlcsnap-2013-12-08-20h39m53s131             Nous entrons dans les bois dès l'instant où nous laissons Gourdounet derrière nous. La montée s'annonce longue, glissante et raide. Le départ est hésitant, et même une fois son rythme trouvé, cela reste aléatoire. La preuve lorsque David, alors que nous sommes presque au bout de nos efforts, perdra le contrôle de sa monture, stoppant ainsi mon ascension et celle de Ludo en même temps dans un grand éclat de rire. Beaucoup plus plat, la suite n'en est pas moins comique. Le chemin s'est transformé en un énorme bourbier où ornières et grosses flaques de boues couvrent la quasi totalité du passage. A nouveau, certains poussent, d'autres ont les pieds dans l'eau, d'autres encore arrivent à trouver une ouverture lorsque un single à peine visible permet de gagner quelques mètres au sec le long du chemin principal. Railleries et taquineries sont légions, et l'ont ne compte plus les crises de rire ! Un peu de hors-piste avant de retrouver ce chemin, Ludo passant par dessus son vélo alors qu'il vient de glisser sur une branche humide, ou encore Thomas plongeant les deux pieds dans la boue lors d'un passage moins bien négocié, tout est réuni pour faire de cet endroit un grand n'importe quoi, un endroit où le calme se trouve soudain rompu par nos nombreuses gamineries ! Une franche ambiance respirant la joie et la bonne humeur ! C'est donc le sourire encore sur les lèvres et des souvenirs plein la tête que nous quittons cette forêt, et retrouvons les champs et prairies, avec Monflanquin se dessinant dans l'horizon.

             Cependant, l'arrivée n'est pas pour de suite, et nous entamons une nouvelle descente au lieu-dit « Matou ». Une descente en deux temps, très rapide sur sa première partie, mais étonnamment glissante sur la suite ! Le changement de terrain fut radical et nous obligea à revoir nos ambitions à la baisse, histoire de ne pas suivre l'exemple de David et Bruno qui sont allés gouter à la souplesse du sol. Nous voilà presque aux pieds de la bastide, un dernier petit single au niveau de Latour, court mais rapide, avant de retrouver les rues et ruelles annonçant le retour. Nous profiterons d'un charmant passage tout autour du lac de Coulon, avant de faire notre retour au point de départ avec quasiment quarante kilomètres aux compteurs. Bien sur, nous ne repartirons pas sans à nouveau gouter aux victuailles de tout à l'heure !

 

vlcsnap-2013-12-08-20h40m12s76             Quelle superbe matinée nous venons de vivre là ! Tout fut réunis pour passer d'excellents moments. D'abord, le tracé, en deux boucles différentes, une première « gentillette », sans prétention, avec de nombreux passages sur le bitume mais contrebalancés par des décors et des paysages magnifiques, sublimés par un soleil se reflétant sur l'épais givre qui recouvre les terres. Une bonne mise en jambe, avant la seconde boucle, plus exigeante, plus joueuse et surtout très ludique ! De franches rigolades parsemèrent ses vingts derniers kilomètres, sur des chemins suffisamment technique pour vraiment s'amuser. Et surtout, un groupe excellent, qui ne se prend jamais au sérieux, dont les enfantillages de tous les instants est un grand, très grand bol d'air ! Et c'est bien cela qui fait l'essentiel d'une sortie : la bonne humeur, les rigolades, les gamelles et autres glissades, un véritable concentré de vie qui parsème chacun de nos dimanches matins !

 

 

Sur ce, à bientôt pour une nouvelle sortie !

 

Votre serviteur, Piw

 

Circuit : 39 kms / Durée : 2h40 / Moyenne : 15 kms/h / D+ : 580

 

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