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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

La Gourdonnaise verte à Gourdon(46) du 23 février 2014

1 Mars 2014, 13:08pm

Publié par Piw

- EPISODE 53 -

 

EN AVANT POUR LA PREMIERE RANDO DE L'ANNÉE !!

AUX PORTES DU QUERCY...

 

vlcsnap-2014-03-01-13h55m58s137             Nous y voilà... Les premières randos de cette saison 2014 font leurs entrées. Bruno et moi-même décidons d'aller rouler sur les traces de celle organisée à Gourdon, la Gourdonnaise Verte. Gourdon, située entre le causse de Gramat et le Périgord, se trouve au cœur de la Bouriane, dont elle domine l'étendue à plus de vingt kilomètres à la ronde du haut de sa colline, ou plutôt de sa butte de 286 mètres. Au temps jadis, elle porta le donjon de l'une des plus puissantes familles féodales du Quercy, les Fortaniers de Gourdon.

             Nous aurons de la chance aujourd'hui, car malgré la pluie de la veille au soir, le temps promet d'être très agréable en ce dimanche. Enfin ! Le départ est prévu à 8h30, et après une bonne heure de route dans un brouillard à couper au couteau, nous arrivons enfin sur place. A l'inscription, de quand même dix euros, l'on nous remet une plaque de cadre ainsi qu'un bon café bien chaud accompagné de quelques petits gâteaux. Finalement, le départ est donné juste avant que nous ne sortions des inscriptions. Nous donnons donc les premiers tours de pédales de cette matinée en compagnie de quelques autres retardataires, et après plusieurs minutes à chercher la direction à prendre, nous pouvons enfin entrer dans le vif du sujet et entamer, impatient et fébrile, cette première randonnée du cru 2014 !

 

             Nous quittons Gourdon, et les premiers kilomètres se déroulent sur le bitume. Nous nous sommes engagés sur le circuit de quarante kilomètres, lequel annonce 800 mètres de dénivelé. Autant dire que la matinée s'annonce vlcsnap-2014-03-01-13h49m06s99corsée ! Nous trouvons rapidement les premiers chemins, et ceux-ci confirment ce que nous soupçonnions, nous allons une nouvelle fois donner dans la boue et les glissades. Pourtant, l'ensemble est quelque peu différent de nos terres. Ici, rares sont les grosses flaques d'eau et de boues, les ornières profondes et les nombreuses branches glissantes. Non, rien de tout cela. Ici, le sol, bien que gras, présente une terre qui ne colle que très légèrement mais qui prend un aspect spongieux, comme l'impression de rouler sur des matelas alignés les uns derrières les autres. Le sol est mou, ce qui rend le rendement quasi nul. Un petit détour par « Lafontade » avant de s'enfoncer dans les bois du « Pech Peyrou ». Nous y trouvons une longue et rapide descente où quelques pierres fuyantes viennent freiner les ardeurs de quelques-uns. S'en suit un long et très agréable passage en forêt. Celle-ci se partage entre rares châtaigniers et immenses pins et sapins. D'épaisses et larges étendues de fougères aux couleurs brunes et marrons bordent par moment un chemin large et très roulant. En contre-bas, nous apercevons le lit d'un petit ruisseau dont le cliquetis de l'eau ne parvient que très faiblement à nos oreilles. Le tout baigne encore dans une torpeur matinale et dans un gris brumeux qui ne gêne en rien les oiseaux des environs qui chantent déjà à pleins poumons, comme heureux d'annoncer les premières douceurs d'un printemps qui ne tardera plus.

             Nous voilà de retour dans la vallée, et traversons ce petit ruisseau que nous apercevions il y a peu, le « Melve ». Nous ne tardons pas à retrouver les bois et les montées. Au lieu-dit « les Prades », nous quittons cette étroite route de campagne pour l'un des pires passages de cette matinée. Un long moment de solitude, dans une mélasse profonde et collante. Bien que large, le chemin ne présente que peu d'alternative, il va falloir mettre les pieds dans le plat et les vlcsnap-2014-03-01-13h52m06s162roues dans la boue ! La progression est un véritable calvaire, jusqu'à ce que le tout se complique quand la chemin se change en une montée assez raide. Une chaîne et une transmission malmenées dans cette boue, il n'en fallait pas plus pour que le tout se bloque, me faisant m'affaler sur le côté, dans une chute pas vraiment mémorable. Bruno, qui arrive peu après, chutera à son tour, d'une façon toute aussi peu glorieuse. Deux chutes au même endroit à cinq minutes d'intervalles, voilà qui n'est pas banal ! L'on reprend et en terminons bientôt avec ce passage boueux lorsque après une sympathique descente nous retrouvons la vallée et « Prouilhac » un peu plus loin avec le premier ravitaillement. La table est fort bien agencée, et rien ne manque pour satisfaire des estomacs qui ne demandent qu'à être rassasiés. Nous sommes à une petite quinzaine de kilomètre lorsque nous quittons ce petit village, alors qu'enfin, le ciel se dégage et les premiers rayons de soleil font leur apparition, réchauffant l'atmosphère tout en faisant scintiller la rosé encore bien présente dans les prés où l'herbe arbore un vert puissant.

 

             La reprise se fera calme sur quelques kilomètres. Entres larges chemins et petites routes, nous roulons à bonne vitesse avant de retrouver de nouvelles difficultés. La montée jusqu'au hameau de « Molières » ne va pas faire dans la dentelle ! Un petit chemin boisé, remontant le coteau sans fioritures : tout droit ! La pente est raide et l'on est bien content que d'arriver en haut ! Une fort belle manière que de revenir dans le vif du sujet et cela n'est pas terminé ! vlcsnap-2014-03-01-13h51m29s9Nous traversons « Cournazac » et retournons dans la vallée, à longer une nouvelle fois les eaux du « Melve ». Ici, encaissé entre ces deux hautes collines, le décor est différent, presque étrange. De la mousse, une humidité constante, des rochers formant de primitifs abris, et ce single magique sur lequel nous évoluons. Tout en technique, oubliez ici la vitesse, là n'est pas l'essentiel. Le pilotage se fait en douceur, entre petit talus, racines sournoises et léger dévers, avec en toile de fond les falaises du « Roc des Corbeaux » que l'on devine à travers les branches. Un passage unique. Soudain, le chemin bifurque sur gauche et annonce par la même une nouvelle longue montée.

Nous allons rouler encore un bon moment sur les flans du « Pech Lagarde », et ce n'est pas pour nous déplaire ! Nous quittons le large chemin que nous suivons depuis quelque temps déjà pour un sentier dérobé, presque solitaire. Celui-ci va nous emmener aux portes de « Roquedeval » de fort belle manière ! Tantôt rapide, tantôt plus technique, ce sentier prend par endroit des airs sauvages et arides jusqu'à se terminer par une descente mémorable. Décidément, cette seconde partie nous réserve de bien belles surprises que nous prenons plaisir à découvrir, comme pour étancher une soif de découverte jamais vraiment rassasiée ! vlcsnap-2014-03-01-13h51m49s239

 

             Il ne faut que quelque mètres de bitumes pour nous emmener sur le prochain chemin. C'est une nouvelle montée qui se présente à nous. Encore de bonne longueur, celle-ci nous emmène vers l'apothéose de cette rando, vers ce single toujours trop court dont l'on voudrait que jamais il ne se termine. Et comme pour apporter du charme supplémentaire à ce passage, son entrée se devine à l'écart du chemin. La pente descendante n'est pas très raide mais la vitesse est bonne. Sur les côtés, les genièvres sont légions, leurs branches piquantes débordants régulièrement en travers du sentier. Et au travers de ceux-ci, l'on devine un vaste paysage, que l'on ose à peine regarder, même du coin de l'œil d'un geste pourtant furtif, préférant porter toute notre attention au pilotage, uniquement. Après ce fabuleux passage, nous voilà de nouveau dans la vallée, près du « Moulin de Tombe l'Eau ». Pourtant, c'est une nouvelle montée que nous trouvons peu après, au bout de laquelle nous profitons de l'architecture d'un ancien pont surplombant le passage d'une ancienne voie ferrée. Voilà des années que plus aucun trains ne passent par ici, pour preuve les arbres ayant poussé en travers atteignant à présent une taille plus que vlcsnap-2014-03-01-13h53m00s181respectable !

             Un peu plus loin, nous atteignons les rives du plan d'eau « d'Ecoute s'il Pleut ». L'eau est calme, le soleil à présent bien présent, et ses rayons se reflétant sur les eaux du lac apporte un petit bol printanier bienvenue ! Gourdon n'est à présent plus bien loin, et nous en discernerons bientôt les premières habitations. Pour le retour, le tracé va nous proposer une visite guidée de l'ancienne ville au travers de ses rues et ruelles pavées. Des hauteurs de la ville nous dominons toute la « Bouriane » dont le ciel noie de son bleu d'azur toute cette étendue de nature. Les ruelles étroites et sombres, les anciennes arches, les charpentes et ferronneries, les petits balcons et autres marches étroites, tout respire ici une architecture d'un autre temps, inchangée, presque éternelle, dont l'aura qui s'en dégage impose respect et mémoire, et dont le seul fait de parler à voix basse sonne comme une évidence, par respect pour ces lieux qui ont traversé les âges, témoins muets du passé, des rires et des pleurs, des grandes fêtes et des grandes guerres, d'honneur et de trahison, de toutes ces choses et de biens d'autres encore qui écrivent notre folle et riche histoire.

Finalement, nous terminons cette randonnée après trente-cinq kilomètres et allons profiter à présent d'une bonne vlcsnap-2014-03-01-13h53m22s143soupe bien chaude !

 

             Il aurait été dommage que de ne pas venir rouler ici ce matin ! La première randonnée de cette saison 2014 ouvre le bal de fort belle manière ! Une heure de route pour venir jusqu'ici, certes, mais cela en valait vraiment la peine ! Un tracé superbe, des chemins et des sentiers magiques, un dépaysement total, entre Lot et Dordogne, dans une nature que ne semble jamais savoir de quel côté pencher ! Seul regret, un prix un poil élevé, dix euros quand même, pour un seul ravitaillement et cinq kilomètres de moins de ce qui était annoncé... Inutile cependant de bouder son plaisir, et ce fut un réel bonheur que de venir poser ses roues dans ces terres de « Bouriane » !

 

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