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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

La Printanière à Paulhiac(47) du 06 avril 2014

11 Avril 2014, 19:08pm

Publié par Piw

- EPISODE 59 -

 

AUJOURD'HUI, C'EST LE VÉLO QUI COMMANDE !

LA PRINTANIERE, AU BAL DES CHAÎNES CASSÉES ET DES CHUTES !!

 

             Nous voilàvlcsnap-2014-04-11-21h49m23s157 déjà rendu au début du mois d'avril. La saison débute véritablement aujourd'hui, et les dimanches qui arrivent annoncent une multitude de randos un peu partout. Aujourd'hui, c'est l'heure de la Printanière à Paulhiac. La journée qui débute promet d'être très douce pour la saison, nous n'allons pas nous en plaindre, et espérons pouvoir rouler un peu plus au sec que ces derniers mois, malgré les pluies abondantes de jeudi. J'arrive à Paulhiac vers huit heure vingt et vais y retrouver mes collègues de la matinée, Bruno et Laurent alors que nous serons bientôt rejoint par les Canconnais. Nous nous inscrivons sur le circuit de quanrante kilomètres, sans vraiment savoir si celui-ci penche plus du côté des trente-huit ou des quarante-quatre kilomètres suivant les sources que nous avons eu. Nous quittons les lieux un peu avant neuf heures, sous un ciel couvert mais calme.

 

              Nous sommes rapidement mis dans le bain, alors que, insouciant, nous nous dirigeons vers les sentiers de la Forêt de Paulhiac. La première descente annonce la couleur : ça glisse ! Il va falloir compenser avec ce paramètre, pas trop gênant s'il ne s'aggrave pas, pensions-nous, alors qu'un ennui mécanique se présente sur le vélo de Bruno. Nous voilà avec à peine trois kilomètres au compteur, sur ce chemin aux ornières dangereuses. Après plusieurs minutes à tenter en vain une réparation de fortune, Bruno décide d'arrêter là et de faire demi-tour. Laurent et moi allons dès lors mettre les bouchés double pour tenter de rattraper le « troupeau » blanc et violet qui doit avoir prit une bonne longueur d'avance. Nous allons rouler à bonne vitesse au cœur de cette forêt, enchaînant les montées et les descentes qui se succèdent dans un rythme endiablé. En effet, les débuts de la rando ne font pas vraiment dans la dentelle et ne nous ménagent guère. Rares sont les passages plus calmes, et nous profitons du moindre petit plat pour récupérer quelque peu. Nous quittons les chemins boisés près de Ferrier et entamons une longue descente sur le bitume avant vlcsnap-2014-04-11-21h51m30s171de retrouver les bois pour rejoindre le GR636. Une fois sur cette piste, nous apercevons nos collègues au loin et redoublons d'effort pour revenir à leur hauteur. Nous réintégrons le groupe au moment où l'on s'engage sur des chemins sinueux et tortueux. Un profond fossé au fond duquel se tient une épaisse flaque de boue nous fera poser pied un court instant, le temps que Pascal face quelques réglages à son dérailleur. C'est ici que les jeux de mots vont débuter. Grand maître incontesté du cassage de chaîne, Pascal aura droit à toutes les expressions contenant le mot « chaîne ». De « faudrait pas que les catastrophes s'enchaînent » à « et après ça, il va se déchaîner ! », j'en passe et des meilleures, l'instant est comique, nous ne nous doutions pas encore que tout cela allez avoir un sens et composer une grande partie de la suite de notre matinée...

              Nous ne tardons pas à rejoindre le premier ravitaillement, alors que nous venons de contourner Bonnenouvelle. Surpris, nous y retrouvons Bruno, sur place depuis un petit quart d'heure, ayant réussi à plus ou moins réparer. Nous profitons d'une pause assez longue, devant cet étal varié de victuailles.

 

              Nous repartons, ragaillardi, dévalant rapidement cette piste goudronnée dans les bois de Sudré. Et le sort s'acharne. Thomas, juste à côté de moi, viens de casser sa chaîne, comme une réponse du destin aux railleries de tout à l'heure ! Une bonne longueur de maillons s'est perdue dans les herbes, et c'est grâce à l'assistance du Pech Bike que nous allons pouvoir réparer et reprendre, pour un court instant, la suite du tracé. Nous dévalons le chemin à travers la palombière superbement entretenue des environs lorsque à nouveau, l'on entends « CHAÎNE ! » derrière nous. C'est au tour de Christophe de donner dans la mécanique, sa chaîne ayant elle aussi quitter son circuit normal pour pendre lamentablement du pédalier. Moins grave que tout à l'heure, une attache rapide et nous repartons, finalement amusé de déboires à répétitions. Nous gagnons rapidement la piste non loin de Bertis et traversons les vlcsnap-2014-04-11-21h43m49s147Bois de Moulinier grâce à elle. Bientôt de retour sur des chemins bien plus joueur, nous arrivons rapidement au camping du Moulinal et trouvons le GR36 que nous connaissons par cœur. Nous n'avons pas vraiment l'habitude d'emprunter ce chemin dans ce sens, et l'on comprend aisément pourquoi ! Un léger faux-plat, bien plus fatigant qu'il n'y paraît ! Ajoutez-y de la boue et c'est parti pour un long moment de silence, où chacun préfère économiser son souffle plutôt que de partir dans de longues tirades.

              C'est donc non sans peine que nous arrivons à l'entrée de la somptueuse descente du chemin de La Tuque, somptueuse mais aussi dangereuse, où les affres du temps et des éléments creusent de plus en plus des ornières déjà bien prononcées. Le tout va être de trouver le bon équilibre entre prudence et vitesse, allant quelques fois à la limite de l'inconscience, ayant quelque-fois une très (trop?) grande confiance en son pilotage alors que juste après ou juste avant, c'est un coup du sort qui fait que l'on tient encore sur le vélo. Une descente superbe, prions pour que celle-ci ne tombe pas, elle aussi, dans le filets de quelques têtes « bien pensantes » et ne deviennent à son tour une large piste triste et insipide... Nous arrivons tous intacts dans la vallée d'où nous apercevons les hautes tours du château de Biron dans l'horizon. C'est à partir de maintenant que nous allons prendre conscience que la boue que nous avons trouvée jusqu'ici n'était rien et que le pire était à venir...

 

              Le tracé va nous faire faire le tour de Biron. Un programme alléchant en perspective. C'était sans compter sur des chemins à la limite du praticable, une véritable pataugeoire, comme une vaste et longue étendue dont seuls les canards et autres sangliers pourraient y trouver leur bonheur. Nous traversons Biron, dans un état plus que boueux, et filons vers Ballande. Par endroit, le chemin est étonnamment sec, même si ces quelques portions sont rares et vlcsnap-2014-04-11-21h51m55s156courtes. Et c'est juste avant les Barouillettes que nous trouvons le second ravitaillement de cette matinée, alors que nos compteurs dépassent la trentaine de kilomètre. Cette fois, nous allons vraiment prendre notre temps, faisant honneur à ce stand bien garni. Pâtés, jambons, fromages, rien ne nous résiste, même pas une tablette de chocolat n'ayant guère apprécié les chauds rayons du soleil. Il ne reste à présent plus qu'une dizaine de kilomètre. Nous sommes confiant, malgré la fatigue qui commence à se faire sentir dans les jambes. Pourtant... pourtant, le pire n'est pas derrière nous, non, nous nous dirigeons tout droit vers un final que nous n'oublierons pas de si tôt, mais dont nous ignorons encore la teneur, sifflant et rigolant autour des nombreuses flaques qui parsèment ce tronçon de piste.

              Jusqu'à Las Patrasses, notre groupe file à bonne allure, maintenant habitué à rouler ou mettre les pieds dans la boue. Mais alors que nous quittons le bitume pour une nouvelle portion boisé, la terre change de couleur, devient plus claire, plus blanche, plus argileuse ! Nous sommes entrain de vivre le prélude de ce final, un prélude épique pour certain ! De nouveau, nous entendons, de manière presque inaudible, un « CHAÎNE ! » derrière nous... Et rebelote, une nouvelle fois, la boue a eu raison de la mécanique. Le dérailleur de Nico décida de stopper les frais ici, l'obligeant à continuer la chaîne bloquée sur le grand plateau... Nous descendons à présent dans la vallée où s'écoule le Laussou. Les quelques dizaines de mètres qui séparent Salassou du Moulin de Fraysse seront les pires de cette matinée... Un chemin étroit, tantôt descendant, tantôt grimpant, mais toujours avec cet épais tapis brunâtre, marron, par endroit malodorant, glissant ou collant, bref, une vraie gageure même si au final nous prenons cela avec une grande vlcsnap-2014-04-11-21h47m41s157philosophie et pataugeons allègrement dans cette mélasse, rigolant des figures de style incontrôlées du collègue de devant ou se moquant de soi-même lorsque son propre vélo part dans des directions étonnantes.

              Les crampes commencent à apparaître chez certains, alors que la fatigue se fait de plus en plus présente. Il ne nous reste plus beaucoup de kilomètres, et chaque nouvelles montées, si infime soit-elle, est une vrai lutte contre soi-même, l'optique d'une partie plus sèche nous poussant encore et toujours de l'avant. Enfin, nous distinguons au loin le fameux Pech de Paulhiac alors que nous quittons ce chemin accidenté de dizaine et de dizaine d'aller-retour du troupeau de vaches voisin. La promesse d'une bonne soupe bien chaude, de se poser à table sous ce soleil généreux et de refaire les meilleurs moments de cette matinée nous donne des ailes et c'est donc rapidement que nous rejoignons Paulhiac les uns après les autres, mettant un terme à ses quelques quarante-trois kilomètres de boues et de flaques.

 

              Nous étions loin, bien loin de nous douter de ce qui nous attendait lorsque nous nous inscrivions pour le grand circuit de cette Printanière ! Bien sur, nous savions que les chemins n'allaient guère être très sec, ni même pouvoir rentrer propre. Mais de là à rouler dans de telles conditions, rien ne le laissait penser ! Voilà bien longtemps que nous n'avions connu une telle galère, même en resongeant à l'hiver humide et pluvieux que nous venons de traverser. Cette matinée fut un véritable concerto de casses et de chutes, de glissades en tous genres, mais finalement, une grandiose symphonie de bonne humeur, où les pitreries, les rigolades, les taquineries formèrent la partition de cette matinée et nous n'avions plus qu'à évoluer allègrement sur ses lignes, tels les notes que l'on dispose dans un désordre bien rangé et qui compose cette unique mélodie que nous réinterprétons chaque dimanche matin...

 

vlcsnap-2014-04-11-21h43m20s131

Votre serviteur, Piw

 

Circuit : 43 kms / Durée : 2h57 / Moyenne : 14,9 kms/h / D+ : 760

 

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