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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

La Sauveterroise à Sauveterre-la-Lémance(47) du 04 mai 2014

13 Mai 2014, 10:08am

Publié par Piw

- EPISODE 62 -

 

 

LA SAUVETERROISE EN MODE MIROIR !

UN TRACÉ INVERSÉ POUR UNE GAMELLE MAGISTRALE !!

 

vlcsnap-2014-05-13-11h42m13s15             Et voici que nous entamons le mois de mai, le mois du muguet. Pour son premier dimanche, nous allons nous rendre non-loin de chez moi, à Sauveterre-la-Lémance très exactement. Aujourd'hui y est organisée la seconde édition de la Sauveterroise, une jeune randonnée qui nous propose de rouler sur les chemins des vallées de la Lémance et de la Thèze. Un voyage prometteur, aux limites de trois départements aux paysages et décors variés. Trois circuits vtt sont proposés ce matin, et c'est sur celui de quarante kilomètres que nous allons poser nos roues. Un peu déçu d'apprendre qu'il s'agit du même que l'an passé mais en sens inverse, n'étant pas un adepte de ce genre de « facilité », nous allons pourtant vraiment apprécier ce tracé entre châtaigniers et pierres lotoises !

 

              Le départ, groupé, est donné à huit heure trente, même si un bon nombre de participant est déjà parti. L'air est vraiment frais, et les vallons encaissés ont eu la surprise de retrouver de la gelée blanche dans les champs. Nous quittons la place du village en direction de la montée le long de l'école. Déjà, le rythme ralenti. Le chemin, à l'entrée des bois, se rétrécit considérablement, faisant poser pied un peu trop rapidement à certain, créant un bouchon digne d'une veille de vacances d'été sur les routes de France. C'est donc aléatoirement que nous parvenons sur les hauteurs de Laborie. Nous reformons notre groupe au bas de la superbe descente suivante, où l'impression de liberté est sans commune mesure. Tranquillement et sereinement nous nous engageons sur les traces du GR pour la longue montée vers les Bois d'Aillon. Quelle surprise que de découvrir ici une large et insipide piste en lieu et place du chemin sauvage que nous connaissions ! Mais où s'arrêtera ce « formatage » de nos chemins et sentiers ? Il fait peine à voir un tel spectacle, alors que nous progressons sur ce chemin sans âme. Fort heureusement, nous retrouvons bientôt des lieux plus sauvages, au fond de la vallée de la Fontaine de Fregefond. Ici, l'ambiance est étonnante, et l'on pourrait croire les alentours tous droit sortis de l'imaginaire d'un romancier auteur de recueil à suspens ou d'épouvante. Le soleil peine à y poser quelque brin de lumière, l'humidité environnante n'en est que plus importante. Les couleurs se partagent entre le vert foncé vlcsnap-2014-05-13-11h42m40s57et le marron des troncs des arbres. Un silence presque religieux plane ici, seulement troublé par notre passage. Pour peu que l'on laisse son esprit s'égarer, l'on pourrait presque deviner un bestiaire variée, presque mystique, où il ne ferait pas bon s'égarer une nuit de pleine Lune et au brouillard épais. Mais rappelons notre esprit à nous et reprenons le cour de cette ascension. A mesure que celle-ci s'accentue, notre groupe s'étiole à nouveau, et ce n'est que sur les hauteurs de Gendrou que nous allons à nouveau rouler ensemble.

              Ludo et Stéphane sont loin devant, partis comme des bombes. Nous amorçons la très longue descente du GR36 afin de gagner la vallée non-loin de Saint-Martin-le-Redon. Nous entrons en terres Lotoise et cela se voit. Longeant ce haut coteau par ce sentier sinueux et étroit, les pierres aux angles vifs et les pieds de buis dessinent à présent l'essentiel du décor. Nous passons allègrement d'un étroit tunnel végétal à de large prairies dominées de pars et d'autres de ces hautes collines donnant ce charme unique à ces lieux, à la fois secs et humides, où la végétation semble encore hésiter entre le rocheux du Quercy et les profondes forêts Périgourdine, mélangeant allègrement les deux dans une fusion presque parfaite. Finalement, nous atteignons le premier ravitaillement qui se tient au stade de Montcabrier. Comme ce fut déjà le cas l'année dernière, le stand est vraiment bien garni, il y en a pour tous les gouts. Les bénévoles en place sont on ne peut plus souriant et c'est dans une ambiance joviale et très bon enfant que l'on goute un peu à tout, de fait, il est difficile que de repartir, surtout lorsque l'on sait ce qui nous attends !

 

vlcsnap-2014-05-13-11h47m04s137              Nulle fioriture pour l'entame de cette seconde partie, c'est par un chemin habilement dissimulé et terriblement technique que nous repartons. Ça monte, le sol est jonché de pierres plus grosses les unes que les autres, tant est si bien que rares sont ceux qui parviennent au bout de cette épreuve sans n'avoir ne serait-ce qu'une seule fois posé les pieds à terre ! Heureusement, l'ascension n'est pas très longue et la suite sera nettement plus calme. Nous retrouvons le tunnel végétal de tout à l'heure, alors que ombres et lumières se succèdent au rythme de notre vitesse, dans une danse hypnotique. Il est à présent temps de quitter cette vallée et de remonter sur les hauteurs vers Sauveterre. C'est un sentier frais et humide qui nous le permet, jusqu'à les Escaliers où nous entrons dans des bois plus vastes, entre hauts pins et larges châtaigniers. Les flaques d'eau boueuse sont nombreuses, et c'est à celui qui trouvera la meilleure trajectoire pour continuer sa route. Les rires vont bons trains, des trajectoires incontrôlées au « tout droit » dans une grosse flaque. Nous n'allons pas rester longtemps sur les hauteurs de cette colline et nous engageons déjà la descente suivante, celle qui rejoint la vallée du Sendroux aux abords du Moulin de Redon.

vlcsnap-2014-05-13-11h49m18s192              L'une des plus belles descentes des environs, à n'en pas douter ! Rapide, peu technique, de sympathiques virages et le tout au cœur d'une immense forêt que nous ne quitterons que lorsque nous attendrons le plat de la vallée. Une descente toute simple en somme, qui se laisse dévaler sans pièges, presque insouciant , tranquillement, à bonne vitesse, laissant l'air à nouveau humide vous caresser le visage et vous apporter une certaine sérénité. Finalement, nous voilà au fond de cette vallée, les tours du magnifique château de Sauveterre ainsi que les toit si particulier des bâtisses de La Ville se détachant de arbres et nous accueillant de manière si unique. Nous allons ensuite rouler sur les traces du chemin bien connu des environs, où les buis forment un tunnel éternel le long de la Lémance qui s'écoule paisiblement, dont les eaux furent les témoins silencieuses d'un lointain passé dont ne reste aujourd'hui que quelques vestiges jalousement conservés au Musée de Préhistoire du village. Enfin, c'est un peu plus loin, dans les vastes prairies de Fonsalade que nous trouvons le deuxième ravitaillement, tout aussi bien achalandé que le premier !

 

              C'est revigoré que nous quittons ce deuxième ravitaillement, pas mécontent que d'avoir trouvé une nouvelle fois un étal bien garni et des bénévoles en place à la bonne humeur communicative. Nous longeons la haute colline où domine le village de Lavaur. Les abruptes flans rocheux sont sublimes et le buis poussent à foison sur ceux-ci. Nous voilà sur le fameux et fabuleux chemins des trois fontaines, celle des Trois Evêques, celle de Marty et celle de David. La première, et la plus connue, doit son nom à une légende vivace. En effet, annuellement, les trois évêques des diocèses du Quercy, de l'Agenais et du Périgord se réunissaient autour de cette fontaine, où la pierre ici ancrée vlcsnap-2014-05-13-11h49m46s234marquait la limite de leur diocèse, leur permettant de prier côte à côte tout en étant dans leur diocèse respectif. Plus loin, l'on peut trouver un ancien lavoir, les ruines d'une tour de guet des Templiers et les fontaines suivantes, tout cela emprunt de veilles légendes. La plus connue d'entre elles est sans nul doute celle des « lavandières de nuit », fées maléfiques qui tentaient de noyer les malheureux qui les auraient croisées au détour d'un chemin(*). Ce n'est donc pas un hasard si l'atmosphère qui règne ici a quelque chose de mystique, onirique, comme en marge de la réalité, et qui apaise, repose, sans même que l'on s'en rende compte. C'est au cœur de ces légendes que nous roulons, profitant de la fraîcheur de ces sous-bois, avant de remonter sur le plateau par un chemin technique et plutôt raide. S'en suit une longue portion de route qui nous emmène tout droit vers une longue piste sur les hauteurs de Lapèze.

              Nous nous dirigeons vers Blanquefort, dépassons à présent quelques marcheurs, avant de trouver le chemin qui va nous permettre de redescendre dans la vallée. Nous laissons la Croix de Veyrines derrière nous et attaquons cette longue descente. Le sentier n'est pas très large, la végétation débordant allègrement sur la trace. Le tout est très joueur, et c'est un réel plaisir que d'emprunter ce chemin que nous n'avons pas l'habitude de rouler, pourtant si proche de chez nous. Rapide, cette descente s'offre aussi le luxe de poser quelques racines sous nos roues, ou quelques mètres de boue grâce et collante. Finalement, c'est dans l'étroite vallée d'où émerge l'ancienne église de Veyrines que vlcsnap-2014-05-13-11h50m20s45nous déboulons. Un dernier chemin à flan de colline et nous voilà sur les derniers centaines de mètres qui nous séparent du retour... Et pourtant, c'est ici que tout va basculer...

 

              Nous passons le pont de Lartigue, et, juste un regard en coin suffit à Ludo et moi-même pour comprendre. Une fois que nous aurons dépasser ce dernier groupe de marcheurs, c'est à celui qui arrivera le premier. Pas question maintenant de lambiner, il va falloir jeter le peu de forces qu'il nous reste dans cette bataille somme toute infantile. Nous y sommes, le dernier marcheur est doublé, nous pouvons commencer. Tous deux, nous prenons de la vitesse. Les chaînes craquent alors que nous descendons de pignons et que nous montons grand plateau. Il fait chaud, le soleil tape fort, mais c'est surtout l'issu de ce défi qui bouillonne en nous comme jamais. Il est temps, nous voilà maintenant en danseuse, appuyant d'une force et d'une énergie venues d'on ne sais où. Toujours au coude à coude, l'on a déjà bloqué les fourches avant depuis un moment et ni l'un ni l'autre ne semble prendre l'avantage. Quand soudain, les jeux sont faits... L'esprit toujours commandé par cette gnaque de gagner, je ne comprend pas de suite ce qu'il m'arrive. J'étais pourtant bien parti, j'avais les bons rapport, mais alors que mon pied gauche, dans sa course autour du pédalier, remonte vers l'avant, la chaussure se décroche de sa pédale, et là, tout bascule...

              Envolés les ambitions de gagner, je comprend que si je tombe ici, sur le goudron, à la vitesse où je vais, il va y avoir de la casse. Décrocher alors que j'étais encore en danseuse m'empêche de retrouver un semblant d'équilibre. Et le tout me semble durer une éternité. Mon pied gauche frotte par terre, comme pour s'accrocher à une aspérité de la vlcsnap-2014-05-13-11h39m27s157route qui ne viendra jamais. Ma roue avant, et plus généralement mon poste de pilotage tout entier, part dans des directions opposées ou aléatoires, me faisant faire de court et rapide zigzag au milieu de la route. En réalité, tout va très vite, mais dans ma tête, j'ai le temps de plus ou moins évaluer la situation et de choisir l'option la moins pire, aller chercher l'herbe et le talus. C'est dans un grand coup de chance que j'arrive, un très court instant, à donner la bonne impulsion pour me jeter dans le talus à ma gauche et ainsi stopper net ma course folle. La tête dans l'herbe et les jambes dans les orties, encore, je met un court moment à réaliser et à revenir à la réalité, le temps que l'adrénaline reprenne son niveau normal. Autour de moi, mes collègues hésitent entre fou-rires et inquiétudes, tant le crash a dû être impressionnant vu de « l'extérieur ». Enfin, je me relève, la jambe en sang dû à quelques égratignures sur le genou. Une semaine après, je garde encore les traces de cette chute en deux gros bleus sur la cuisse, comme pour me rappeler cette morale d'une fable bien connue de La Fontaine : « rien ne sert de courir, il faut partir à point ! ».

              Et, à peine quelques dizaines de mètres plus loin, nous arrivons à destination. Ainsi nous achevons cette seconde Sauveterroise, qui restera longtemps dans nos mémoires !

 

              Je ne suis pas un adepte des « circuits inversés » d'une année sur l'autre. Mais je dois avouer qu'en ce sens, ce tracé est terriblement jouissif, ardu par moment, rarement calme, quelquefois techniques avec de très bonnes descentes ! Et, la météo ayant été de la partie, cette matinée nous proposa quelques beaux passages et paysages qu'il aurait été dommage de se priver. Les ravitaillements furent eux aussi terriblement fournis, avec quantité et variété qui fît plaisir à voir ! Le sourire et la bonne humeur des bénévoles ne furent pas en reste non plus, bref, tout fut réunis pour passer une excellente matinée, avec une magnifique gamelle, plus impressionnante que grave, en prime !

 

Votre serviteur, Piw

 

Circuit : 38 kms / Durée : 2h27 / Moyenne : 16 kms/h / D+ : 662

 

(*)http://www.ethnologie.culture.gouv.fr/ethno_spci/pdf2/3_Eveques_Lavaur.pdf

 

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