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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

La Trans-Figeacoise à Figeac(46) du 05 octobre 2014

13 Octobre 2014, 15:20pm

Publié par Piw

  - EPISODE 81 -

 

SOUS LA PLUIE ET LA BRUME !

ENTRE LOT ET AVEYRON, LE DEPAYSEMENT EST TOTAL !!

 

http://lh4.googleusercontent.com/-AJkgEKvZj1g/VDvpQSZ5C1I/AAAAAAAAAL0/8IA6Mu4k5aU/w958-h539-no/10377593_1541400922757189_8700349707522866092_n.jpg             Cette année, à l'occasion de la sortie club, nous allons rouler sur les traces de la Trans-Figeacoise à Figeac. Nous arrivons sur place le samedi, nous inscrivons et je vous passe les détails de la soirée, vous devriez pouvoir imaginer sans peines comment celle-ci a pu se dérouler ! Le réveil fut donc assez difficile. Dehors, une bruine fine mais continue tombe, levant une brume fraîche et humide. Pas vraiment un temps idéal pour pédaler, et comme on le souligne rapidement, l'on aurait été chez nous, l'on serait rapidement retourné sous la couette ! Pas question de se défiler aujourd'hui, surtout que nous avons opté pour le circuit de cinquante-cinq kilomètres où ce ne sont pas moins de 1700 mètres de dénivelé qui sont annoncés ! Le départ, groupé, est donné à huit heure trente sonnante et trébuchante. Nous nous élançons alors en quête de ces terres figeacoises, déjà bien mouillés, conscient que cela ne va pas être simple, les restes de la soirée encore en tête, mais heureux que de partager de tels moments en si bonnes compagnies !

 

http://lh5.googleusercontent.com/n_U2Aw2yEFHulfsQ4osw0hw7eNy2khFisOPESmnZrls=w958-h719-no              L'on quitte Figeac en longeant le Célé, ruisseau qui traverse la ville. Il ne fait vraiment pas chaud, et la sensation de froid est accentuée par ce petit vent qui souffle, comme si la pluie et la brume ne suffisaient pas ! L'on commence déjà à prendre de l'altitude alors que nous venons à peine de quitter la ville. Principalement sur le bitume, ces premiers kilomètres sont cependant entrecoupés par de jolis chemins. Il n'est pas rare que de suivre des chemins bordés par d'anciens murets. Même si l'on savait à l'avance que le sol allait être glissant, l'on en prend vraiment conscience dès lors que l'on rejoint le lavoir de Poutisse. L'on continue de grimper, jusqu'à « la Pierre Levée ». Le rythme est tranquille, la route se montrant dangereusement glissante, tout comme les multiples pierres qui composent les chemins ! Nous entamons bientôt la longue descente vers la vallée du ruisseau de Donazac. Il n'est pas rare d'assister à quelques chutes plus comiques que sévères, la boue faisant son office. La prudence est donc de mise et si peu que la descente se dévoile plus technique, le rythme ralentie considérablement. De retour dans la vallée, la pluie cesse enfin. Nous trouvons un large chemin longeant les champs. Nous contournons le « Causse Loin », et bientôt les premières difficultés font leur apparition. Le chemin se fait moins large, ça commence à monter un peu plus. Tantôt à pied, tantôt sur le vélo, nous suivons ce sentier en file indienne. Le paysage se fait plus clair et les collines se dessinent au loin. La brume apporte un cachet indéniable à l'ensemble, rendant les lieux secrets et mystérieux. Ça monte toujours jusqu'au hameau de Ournes. On redescend ensuite vers la carrière de Maraval où la trace nous emprunte un passage sauvage. Le poussage est de rigueur. Courtes montées et http://lh4.googleusercontent.com/kzo4k2dEQd1PIjrtvz2F6fx1L7HyAPn5yDAPedog6cQ=w958-h719-nocourtes descentes parsèment cette première partie jusqu'au premier ravitaillement. Tout est différent de chez nous. Les pierres et les roches prennent des teintes d'un gris foncé proche de celles des roches volcaniques, les pâtures sont nombreuses et chaque prairies voit son troupeau de vaches, les tertres abruptes laissent peu de place aux vastes plaines. En contre-bas, l'on peut imaginer le Lot s'écoulant inlassablement, alors que la pointe des collines baigne toujours dans une brume fraîche et humide. Et alors que le quinzième kilomètre s'affiche sur nos compteurs, la première pause s'annonce, dans cette ambiance hivernale.

              Très bien garni, ce ravitaillement est l'occasion de rassembler les troupes. L'on mange rapidement, mouillés comme nous le sommes, le vent soufflant ici n'est pas fait pour nous réchauffer ! C'est donc bien vite que nous reprenons le cour de cette rando, nous dirigeant maintenant vers le plus beau, le plus épique, le plus mémorable de cette matinée... !

 

http://lh6.googleusercontent.com/NFUt7YxR0dl8BHuq0iSWi2kqrTMTDV6EYbZ3HH8EGFI=w958-h719-no              A n'en point douter, cette seconde partie restera à jamais gravée en nous comme l'une de nos plus belles expériences vtt. D'ici quelques temps, lorsque les souvenirs de cette matinée s'estomperont peu à peu, la première chose qui nous reviendra en mémoire sera ce que l'on va vivre dès maintenant. Nous venons tout juste de quitter le premier ravitaillement. Pour un peu, l'on pourrait se croire en mes terres, tant tout les respire. Un chemin sauvage au milieu d'une vaste forêt de châtaigniers dont les fruits parsèment peu à peu le passage. Hautes fougères et herbes folles viennent s'ajouter pour nous donner un petit air de chez nous. Le sentier se fait soudain plus technique et plus étroit. L'on dévale le flan de ce coteau entre virages en épingles et talus plus abrupts. L'on comprend maintenant que nous allons changer de gammes et que la suite va se faire nettement plus difficile. Pour l'instant, l'on se délecte d'un tel passage et reformons le groupe. Une longue portion de route nous emmène sur les hauteurs du Puech de Laromiguière. Le rythme est ici assez élevé, dévalant bitume et chemins larges, toujours sous ce ciel maussade. C'est ici aussi que se trouve la séparation de plusieurs circuits. L'on ne déroge pas à notre objectif du départ et partons pour la boucle supplémentaire permettant d'allonger jusqu'à cinquante-cinq kilomètres.

http://lh4.googleusercontent.com/eTwwTCoI1dhAmOf2OUow-CCWNPY08zMOyHT34bfeqHc=w958-h719-no              L'on quitte la route à hauteur de Plancat et entamons une descente qui va durer une éternité. Nous pénétrons rapidement dans une forêt aux allures alsaciennes. Les impressionnants sapins prennent un gigantisme à vous donner le vertige. Soudain, la trace délaisse ce large chemin de coupe pour s'enfoncer plus profondément dans l'humidité de ce versant. Nous voilà sur une monotrace extrêmement piégeuse ! Au dévers très prononcé s'ajoutent d'innombrables racines glissantes. Les fous rires quand le collègue de devant glisse ou dérape sont légions, faisant résonner les environs de toute cette joie de vivre très communicative ! Par moment, lorsque la trace se fait plus aérée, l'on peut apercevoir, émergeant dans un nuage de brume, le coteau voisin. Le passage est très étroit, bruyères et lavandes viennent nous frôler les mollets. Bientôt au sommet, l'on devine peu à peu que la vue qui nous attend va être imprenable. Et c'est le cas ! Ce versant, qui se dérobe jusqu'au village de la Roque Bouillac que l'on aperçoit en contre-bas, est abrupt et rocailleux. De gros rochers couvrent en effet une large partie du terrain. Les eaux du Lot, serpentant dans la vallée, semblent sombres et inquiétantes. En face, des géants de brumes enveloppent des collines massives et sauvages aux teintes brunes. Que nous sommes peu de choses face à cette immensité ! Notre regard se perd devant cette étendue d'une nature inconnue. L'instant est magique, unique ! Oubliée la fatigue pour arriver jusqu'ici, ne prime que l'obsession de graver ce panorama dans sa mémoire. Mais l'on ne peut pas rester ici indéfiniment. Il est temps de reprendre la route.

http://lh6.googleusercontent.com/-1GLi-TyvDck/VDvrWnzutBI/AAAAAAAAAPk/GHc9joA9pQ8/w958-h719-no/Figeac2014_L4F00031.png              Rien ne sera simple dans la descente jusqu'au cimetière de Laroque Bouillac ! L'on dévale, prudemment, les premiers kilomètres avec les collines nous toisant de leurs prestances, imperturbables dans leur sommeil d'un autre âge. La descente se fait plus raide et plus technique. Il n'est pas rare que de poser les pieds à terre, par prudence, au milieu de ces pierres et murets, de ces virages resserrés et étroits et de cette végétation humide et sombre lorsque nous arrivons finalement dans la vallée. Le temps de reformer le groupe, nous allons posément nous remettre de cette explosion d'émotions que nous venons de vivre. Peur, joie, stupéfaction, contemplation, rire ; tant de sentiments pourtant si différent réunis ici en un seul et même endroit, nous faisant ressortir de cette « épreuve » grandit, fier que d'être là, ici et maintenant et de vivre si intensément ce moment. Fier, fier et heureux que de partager ces instants magiques en si bonnes compagnies, « perdus » en contrées inconnues, mais où « l'esprit » du SNCB plane surement encore, faisant résonner nos pas dans ces coteaux que nous n'oublierons jamais !

 

http://lh3.googleusercontent.com/-esl9WSy4IeU/VDvrkcsg8SI/AAAAAAAAAP8/_4UtTYWl5vQ/w958-h719-no/Figeac2014_L4F00034.png              Nous sommes encore loin du retour. Nos compteurs n'atteignent pas encore les trente kilomètres. Il nous reste encore du chemin et des montées ! La suivante, d'ailleurs, va rapidement nous ramener à la réalité du terrain, alors que nos esprits vagabondaient encore par le tertre que nous venons de dévaler. L'on remonte sur les hauteurs du Pech de Laromiguière par le versant que l'on contemplait il y a peu. Vu d'ici, il est nettement moins attrayant. Etroite route de campagne, nous quittons bientôt celle-ci pour une longue cession de portage à travers fougères et bruyères. Même à pied, c'est une véritable gageure. Rares, très rares, sont ceux qui monteront sur le vélo alors que l'on entends souvent au loin devant des «ho non ! » ou des « et c'est pas finit ! » signe que l'ascension va durer encore un long moment. Bientôt, c'est une piste un peu plus large qui poursuit cette ascension. Le tout va enfin se calmer pour longer le coteau avant de redescendre tout de go par l'une des meilleures descentes de cette matinée. Jusqu'au village de Bouillac, tout n'est que vitesse. Nous nous jouons des virages et des ornières, plus ou moins artistiquement suivant les personnes. Une descente extraordinaire. Nous retrouvons ensuite les berges du Lot lorsque nous atteignons Bouillac. Ici se tient le deuxième ravitaillement. La pluie se remet à tomber de plus belle lorsque nous nous arrêtons. Toujours aussi bien garni, nous y trouvons même des saucisses et des mergez façon barbecue ! Mais l'air frais et humide nous rappelle rapidement à l'ordre. Nous ne trainons pas plus que nécessaire sous peine d'être gelé jusqu'aux os. L'on quitte cette pause de façon calme, du bitume qui nous emmène jusqu'à la montée suivante.

http://lh6.googleusercontent.com/-nQU6AFUsAXI/VDvrx8vT5TI/AAAAAAAAAQU/iAqgY2sgsdE/w958-h719-no/Figeac2014_L4F00036.png              Nous entamons cette énième ascension une fois le Rey dépassé. Celle-ci débute à découvert pour bientôt s'enfoncer dans les bois. Le rythme est lent, très lent, et de toute façon l'on ne pourrait pas aller plus vite tant la pente est raide. Le but étant de garder une vitesse plus ou moins constante, sans trop dévier de la roue de celui de devant. Les souffles se font bruyants et c'est par petit groupe de trois ou quatre que petit à petit nous parvenons sur les hauteurs de cette colline, là où nous trouvons déjà le troisième ravitaillement, celui-là même qui était le premier. Nous venons de faire une sacrée boucle ! Même si la montée fut ardue, l'on reste encore moins longtemps sur place, le vent soufflant bien plus fort ici ! Nous gagnons rapidement Lentillac-St-Blaise par des chemins de pâtures où la boue est plus présente. Une rapide et glissante descente et nous voilà déjà revenue dans une vallée, celle où s'écoule le ruisseau de Donazac. Nous ne tardons pas à déjà remonter, et la fatigue faisant son office, cette ascension pourtant pas bien longue va se révéler un véritable calvaire. Chacun se voit obligé à chaque tour de pédale, d'aller chercher au plus profond de son être la moindre parcelle de force et de motivation. Une lutte contre l'abandon, sous le regard d'un tranquille troupeau de vaches occupé à paître paisiblement et sans doute amusé de nous voir arpenter si péniblement le chemin qui est d'habitude le leur. La suite sera nettement plus calme. Nous passons St-Félix et c'est aux abord de les Pradelles que nous allons trouver la quatrième et dernière pause de ce matin.

 

http://lh6.googleusercontent.com/-V4c3ObbZd9o/VDvsA5ylCbI/AAAAAAAAAQs/OJxCYMrKMHc/w958-h719-no/Figeac2014_L4F00039.png              Il ne nous reste qu'un peu plus d'une dizaine de kilomètres. Poussés par une force et une vigueur qu'aucun d'entre nous ne soupçonnait, nous tenons un rythme élevé. Les routes et les chemins défilent à vive allure, et c'est un réel plaisir que de se sentir en si bonne condition après ce que nous venons de rouler ! Nous ne sommes plus très loin de l'arrivée. La dernière descente s'amorce lorsque nous laissons le château d'eau de les Rouquettes derrière nous. Nous profitons pleinement de cette descente, conscient que la fin est proche. Quelques petites frayeurs lorsque des pierres plus glissantes nous surprennent, mais rien ne semble pouvoir ralentir notre cavalcade. L'on voudrait que cela dure éternellement ! De retour dans la vallée, aux portes de Figeac, c'est une longue partie du chat et de la souris qui s'engage. Se faire dépasser pour à http://lh3.googleusercontent.com/-pHyaXU9Rp-I/VDvsNwtay2I/AAAAAAAAARE/7D3BuXj47N4/w958-h719-no/Figeac2014_L4F00042.pngson tour accélérer encore, ne plus sentir ni ses jambes ni ses bras, appuyer encore plus fort sur les pédales, dévaler ce bitume, comme si nous étions pour un instant les maîtres de la route. Repousser toujours plus les limites de son organisme afin de rattraper le collègue qui est juste devant, ces derniers kilomètres donneront dans le grand n'importe quoi ! Et bientôt, se dire que c'est terminé, que nous l'avons fait, boucler ses cinquante-cinq kilomètres de cette SUPERBE Trans-Figeacoise ! S'arrêter, rester quelques instants le souffle court, les pieds par terre mais toujours assis sur la selle du vélo. L'appréhension de « remarcher » est forte, un sentiment étrange pour une action si commune. Rapidement, nous reformons notre groupe, et chacun d'entre nous, épuisé, éreinté, essoufflé, arbore pourtant des centaines d'étoiles au fond des yeux, un regard qui ne peut trahir la joie immense que d'avoir passer un tel week-end ! Direction une bonne douche bien chaude à présent, avant de profiter d'un repas réparateur autour d'un bon vin !

 

              Ainsi s'achève cette sortie annuelle du club de Cancon, le SNCB. Et pour notre première venue à la Trans-Figeacoise, le spectacle fût de premier choix ! Une randonnée superbe, en tout point. Des ravitaillements riches et nombreux, des paysages uniques, des chemins et sentiers joueurs et techniques. Et que dire de cette boucle en terre Aveyronnaise ? Le point d'orgue du tracé et de la matinée. Et même si l'on pourrait regretter de très longues portions de routes, celles-ci avaient pour but de nous emmener dans de tels endroits. Elles ne furent jamais gratuites ni solutions de simplicité. Leur aboutissement recelait de merveilles insoupçonnées qui balayaient rapidement le bitume que nous venions de parcourir. Il est évident que nous avons vécus aujourd'hui l'un de nos plus grands moments de vtt. Et pour conclure, je reprendrai juste cette phrase du récit qui semble si appropriée et résume à merveille ce que nous venons de vivre :

[...]Fier, fier et heureux que de partager ces instants magiques en si bonnes compagnies, « perdus » en contrées inconnues, mais où « l'esprit » du SNCB plane surement encore, faisant résonner nos pas dans ces coteaux que nous n'oublierons jamais !

 

Sylvain « Piw »

 

Circuit : 55 kms / Durée : 4h / Moyenne : 13,6 kms/h / D+ : 1500

 

L'ALBUM PHOTOS EN CLIQUANT ICI ! 

http://lh6.googleusercontent.com/D0O44taVcPBVPFuAajXjpuLAKCCQ-PcjPkek-cBWUGQ=w958-h539-no

 

 

LA VIDEO DU SNCB

 

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