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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

Le Roc Cadurcien du 22 juin 2014

26 Juin 2014, 20:41pm

Publié par Piw

- EPISODE 68 -


NOUS Y SOMMES !

LE ROC CADURCIEN, LA RANDO QUI VOUS

POUSSE AU BOUT DE VOS LIMITES !!

 

vlcsnap-2014-06-26-22h15m09s226             Il y a, comme ça, dans la saison, deux ou trois randonnées qui vous poussent au bout de vous même, aux limites mentales et physiques de votre organisme, vous obligeant à y puiser l'énergie et la volonté toujours plus loin... Le Roc Cadurcien est l'une d'elle. Sans nul autre pareil, ce Roc, loin de faire dans la dentelle, va au contraire repousser toujours plus les limites d'un pilotage toujours plus technique, pour au final, laisser un souvenir éternel et impérissable. Il en va ainsi que de ce Roc, qui se mérite autant qu'il s'apprécie, comme une lutte perpétuelle contre soi-même, une lutte où la place au doute et interrogation n'est pas permise, une lutte pour avancer, rouler, toujours, appuyer sans cesse sur les pédales, pour découvrir des beautés que chacun a su mériter et qui se partagent sans demi-mesures, le Roc Cadurcien, c'est tout cela, et bien plus encore... Mais à l'heure du départ, nous ignorions alors tout de ce qui nous attendait, et c'est dans une insouciance presque juvénile que nous donnions nos premiers tours de pédales...

 

             Il est huit heures quinze. Le départ est libre. Ludo, Nathalie et moi-même sommes bientôt rejoint par Adrien. Nous quittons ce petit village qu'est Lamagdelaine, sous un ciel menaçant mais à la température idéale. Rapidement, nous trouvons les bois. Un premier long single serpentant en dévers sur le flanc d'une colline où quelques chevaux éparpillés semblent surpris par notre passage. Déjà, le rythme est donné : ce sera lent ! Tenir l'équilibre tout en sinuant entre des arbres aux troncs fins n'est pas chose aisée. Nous ne sommes qu'au balbutiement de cette matinée mais vlcsnap-2014-06-26-22h16m12s80nous comprenons dès lors que celle-ci va être épique ! Lorsque l'on quitte cet étroit tunnel végétal, c'est pour trouver la première montée d'aujourd'hui. Voilà pourtant peu de temps que nous roulons et comme l'on pouvait s'en douter, il va faire chaud, très chaud même ! Et à mesure que nous gagnons les hauteurs de Mels, l'air se réchauffe considérablement. D'ici, le ciel nous semble plus bas. La transpiration ruisselle, déjà, sous nos casques de plus en plus lourd. Conscient qu'en venant rouler ici ce matin nous ne devions pas nous attendre à trouver de vastes et larges chemins et pâtures, nous n'imaginions pas cependant y trouver tant de passages et sentiers donnant au mot « technique » toute sa signification ! Sur le sommet du premier des nombreux Pech que nous allons « visiter », c'est à présent dans un décor des plus typique que nous évoluons. Vieux murets aux pierres blanchâtres et grisâtres, chênes aux troncs torturés et aux racines proéminentes, herbes cent fois séchées par un soleil estival des plus généreux, bref, le Lot dans toute sa splendeur, dans toute sa prestance. Nous arrivons au premier point d'orgue, là où les « Waouh » et les «  Putain que c'est beau » fusent en tout sens. A la sortie du sentier, les derniers arbrisseaux cèdent leur place à un panorama des plus remarquables. Nous voilà perchés à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, sur cette falaise escarpée, dominant les vallées Lotoise comme jamais. Courage à ceux qui ont le vertige mais l'impression de pouvoir toucher les nuages du bout des doigts est juste magique. L'on se prendrait à rêver, se sentir le maître du monde, tout en étant certain de vivre quelque chose de rare et unique. Nous sommes là, comme figés, perdus entre un instant et l'éternité, à peine conscient que ces deux notions temporelles n'ont à présent plus aucune valeur, plus aucune signification, contemplant ce spectacle qui s'évade dans l'infini de l'horizon.

vlcsnap-2014-06-26-22h18m16s111             Le retour à la réalité se fait doucement, progressivement. C'est que tout n'est pas rose pour redescendre dans la vallée ! Cette descente est technique, quelque-fois proche du bord, ailleurs, quelques hautes marches imprévues, puis c'est de virages en épingles que, dans un véritable concert de plaquettes grinçantes et de bruits de dérapages, que nous arrivons sur le plat salvateur, non loin de Laroque-des-Arcs. Voilà un autre aspect qu'il ne faudra point négliger aujourd'hui : pas question de compter sur les descentes pour se reposer et récupérer ! Toujours très techniques, celles-ci vont mettre à mal cuisses, mollet, allant jusqu'à engourdir les doigts et les mains et tétaniser bras et épaules. Pourtant, pas vraiment le temps de souffler que déjà nous voilà arpentant le Pech Crabel par un sentier étroit et au dévers très prononcé. Ici, place à la marche et au portage. C'est donc un long moment après que nous atteignons les hauts plateaux du cosse du Pech de Coutal. Rapidement, la prochaine descente s'amorce. Nous voilà dans un « No man's land » créé de toute pièce sur ce versant abrupt au milieu des Bois de Pountis. Ça descend fort, ça glisse, aucune accroche au milieu de cette pléthore de virages en épingle plus serrés les uns que les autres. Certains collègues se jouent de la gravité et dévalent l'ensemble dans une assurance remarquable. D'autres, et j'en fait parti, ne restent pas longtemps en selle et préfèrent achever à pied, dans une assurance, pour leur part, maladroite. Finalement, c'est sur le bord de la route encaissée dans ce vallon que nous allons trouver le premier ravitaillement, aux alentours des douze kilomètres.

             Nous profitons de cette pause, avec parcimonie cependant. L'on en vient à penser que si la trentaine de kilomètre restante est du même acabit, l'on risque d'en baver... Et cette fameuse trentaine de kilomètre, elles sera bien pire...

 

vlcsnap-2014-06-26-22h19m50s20             Nous allons le constater sitôt la pause terminée. Nous retrouvons la forêt pour une très longue montée. Un virage à quatre-vingt dix degrés habilement négocié et l'on ressort sous ce soleil de plomb, retrouvant des décors arides. Malgré tout, au milieu de cette nature sèche et jaunie, nous découvrons les tours et fortifications du magnifique château de Roussillon. Superbe, celui-ci domine depuis sa butte la combe de la Curade d'une centaine de mètre. Construit du XIIIème au Xvème siècle sur les vestiges d'une place forte du XIIème siècle appartenant au Duc d'Aquitaine, celui-ci comportait à l'origine huit tours, trois corps de logis, une chapelle et un cloître. Le roi Louis XIII y fît halte en 1632 avant qu'il ne soit peu à peu délaissé par ses propriétaires au début du XVIIIème siècle. Aujourd'hui, après plusieurs années de restauration, celui-ci possède des parties habitables tout en ayant retrouvé une partie de son aspect antérieur(*). Nous nous arrêtons un court instant afin de profiter de l'édifice.

             Les quelques kilomètres suivants, nous menant jusqu'à Saint-Pierre-Lafeuille seront les plus calmes de la matinée. Ici, les descentes se veulent plus rapides et les montées moins longues et moins pénibles. C'est donc plus « facilement » et plus « rapidement » que nous allons rejoindre Calamane, par des monotraces très ludiques, sans vlcsnap-2014-06-26-22h23m14s11trop de difficultés, histoire de se faire plaisir sans craindre une mauvaise chute. Sur les plateaux de Grand Causse, l'on roule à bonne allure, sur une large piste, dans des environnements tranchants radicalement avec les causses rocailleux. Finalement, nous terminons ces kilomètres « reposant » dans les bras de la Combe de Lacroix, d'où le superbe pont du chemin de fer aux pierres orangées n'a que faire de notre fuguasse passage. Les choses sérieuses reprennent. Nous filons le long de cette voie ferrée, le long d'un sentier cassant. Bientôt la montée par excellence s'annonce. Partir de zéro et grimper, grimper encore, jusqu'à ne plus avoir aucune notion de distance, ne plus savoir combien de mètres, de kilomètres vous venez d'avaler, dans un nombre de tour de pédales lent et pourtant faramineux. Il fait chaud, très chaud, certains poussent leur monture, la mine presque déconfite, la transpiration recouvrant leur visage rougis par l'effort. D'autres ne veulent pas abandonner, déconnecte leur esprit afin de faire fit de toute émotion, de laisser derrière soi abdication et résignation et pédaler, encore, toujours plus fort, même si la fin semble ne jamais se présenter. Voilà pourquoi nous sommes ici aujourd'hui, savoir jusqu'où nous sommes capable d'aller, jusqu'où la lutte entre notre corps et notre esprit est capable de nous emmener. Et enfin, après des minutes semblables à des heures, le deuxième ravitaillement vient mettre un terme à ce combat si singulier que chacun aura su mener à sa façon, repoussant toujours plus loin les limites de son « moi ».

             Nous voilà arrivés au ravitaillement. Envolées les résolutions que d'y manger raisonnablement. Nous attaquons la saucisse, le pâté, sans oublier les oranges et les pruneaux pour les vitamines. Rassasiés, les bidons et poches à eau de nouveau remplis, nous démarrons pour la dernière partie, et non des moindres, de ce Roc surprenant.

 

vlcsnap-2014-06-26-22h26m46s52             Sitôt dit, sitôt fait. Nous voilà déjà replongés au cœur de ces monotraces joueuses et piégeuses. Bien vite, l'affaire se corse lorsqu'il s'agit de cavaler sur des traces dont même les chevreuils doivent couvrir avec prudence. Ha certes, l'endroit est somptueux, sauvage, loin de tout. Les collines vous faisant face, le château de Mercues apparaissant et disparaissant au gré de la végétation, le décor est on ne peut plus magique. La trace est sans commune mesure avec ce que l'on a fait jusqu'à lors. Le tertre est abrupt, la végétation se pare par endroit de nombreuses épines, les murs à demi effondrés à franchir se font plus nombreux et les passages à pieds aussi. Pourtant, c'est un réel plaisir que de découvrir cette région sauvage, même si notre corps tout entier nous fait terriblement souffrir. Nous débarquons bientôt sur les roches qui dominent le Lot. En contre-bas, gabarres et petites embarcations de plaisances naviguent tranquillement sur les eaux calmes du Lot dont le cheminement ressemble à un long et large serpent.

             La descente se trouve de nouveau sur les bords de la colline, se partageant entre marches, grosses pierres et points de vues somptueux qu'il ne faut cependant pas admirer trop longtemps et rester concentré sur son pilotage. De retour dans la vallée, les kilomètres s'égrènent, lentement, à mesure que les heures tournent, nous annonçant la chaleur implacable du soleil à son zénith. Après cette descente, la montée suivante ne tarde pas à se présenter. Encore longue, très longue, elle nous emmène sur les plateaux de Costeraste. A présent, le plus dur est derrière nous. vlcsnap-2014-06-26-22h27m59s61Ce qui nous attend ici va nous permettre de donner un peu plus de vitesse. Larges chemins ou traces plus réduites, ça va dans tous les cas bien plus vite, d'épais nuages de poussières se soulevant à chaque gros coups de freins. L'on s'éclate comme des mômes, les douleurs, les doutes et les remises en question passés n'ayant plus lieu d'être. Juste reste le plaisir de rouler, d'enquiller ce grand plateau qui n'a pas vraiment travaillé aujourd'hui et de filer comme le vent, jusqu'à ce que nous arrivions à un nouveau point de vue sur les vallées. L'arrêt contemplation est obligatoire. Pendant que certains immortalisent l'instant, d'autres dévalent déjà la dernière pente vers Laroque-des-Arcs. Du même tonneau que les précédentes, plus rien ne nous surprend maintenant, et nous nous jetons à son assaut, fascinés mais conscient que le moindre faux-pas peut faire très mal. Nous n'en perdons pas une miette, nous savons la fin imminente. Et effectivement, nous regagnons le départ sur le plat de la route, mettant un terme à ces quarante-sept kilomètres et ces quelques quatre heures de pédalage.

 

vlcsnap-2014-06-26-22h29m12s9             Ainsi terminons-nous cette édition du Roc Cadurcien 2014. Heureux, fatigués, endoloris, ce fut dur, très dur, moralement, mentalement, physiquement, mais grand dieu que ce fut bon ! Merci pour de tels moments, pour ces quelques heures en virevolter en vos terres, à découvrir des singles de rêve, des paysages et panoramas laissant rêveur, des passages bien trop technique pour moi mais que je n'oublierai pas de sitôt ! Du rêve, vous nous avez donné du rêve ce matin ! Le dépaysement fut total, l'échappée totale, souvent loin de la civilisation, perdu en ce cosse toujours plus surprenant. Comment conclure ce récit sans répéter encore et encore les mêmes adjectifs flatteurs ? Comment ne pas tomber sous le charme des ses monotraces rocailleuses à souhait, de cette difficulté très élevé, vous forçant à toujours repousser vos limites ? Et ce combat contre soi-même n'en est que plus beau s'il se déroule en des terres somptueuses sur un tracé magique ! Un seul mot suffira pour conclure cette journée, un simple mot, que beaucoup de nos jours oublient trop souvent et qui va pourtant droit au cœur de celui à qui il s'adresse, cinq lettres qui représentent énormément : MERCI !!

 

Votre serviteur, Piw

 

Circuit : 47 kms / Durée : 4h06 / Moyenne : 11,4 kms/h / D+ : 1250

 

(*)http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Roussillon_%28Saint-Pierre-Lafeuille%29

 

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G58 26/06/2014 23:28

Un plaisir de te lire !!! Surtout quand tu parles de mon jardin: la colline juste après le ravito 2!)