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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

Le Roc Montcuquois - version nocturne - à Montcuq(46) du 07 juin 2014

15 Juin 2014, 15:08pm

Publié par Piw

- EPISODE 66 – 1ERE PARTIE

 

UN WEEK-END AU ROC MONTCUQUOIS !

SUR LES TERRES DU QUERCY BLANC DE JOUR COMME DE NUIT !!

 

DSC01370             Il y a peu, le ciel se disputait entre nuages et éclaircies, dans une atmosphère encore très printanière. Certaines journées étaient d'une telle fraîcheur qu'il n'était pas rare que de revoir de longs panaches de fumées blanches s'échapper des cheminées. Le temps n'était pas des plus attrayant, et l'impression d'un hiver interminable était de nouveau dans tous les esprits. Pourtant, sans que l'on s'y attende, ces premiers jours du mois de juin firent taire toutes les diatribes, un tantinet répétitives, que les foules et les médias rabâchaient à longueur de journée. Les températures firent un bon fulgurant, plongeant nos terres et nos contrées en plein cœur d'un été que nous n'attendions pas vraiment. Les champs ne mirent pas longtemps à prendre leurs jolie palette de couleurs dorées, et les agriculteurs commencèrent à faucher les herbes qui allaient bientôt devenir le fourrage qui nourrirait les bêtes l'hiver prochain. Mais pour nous, loin de telles préoccupations, seul le plaisir de rouler sur des chemins enfin sec primait. L'on allait enfin pouvoir sortir de cette gangue hivernale, humide et fraîche et retrouver tout le charme d'une nature à l'apogée de son cycle.

 

             Nous sommes le samedi sept juin. Le soleil tape fort et la journée qui vient de s'écouler fut l'une des plus harassante depuis longtemps. Il est un peu plus de dix-neuf heures lorsque je quitte le travail. Malgré l'heure somme toute tardive, il fait encore très chaud. Je monte dans la voiture, laissant quelques instants à mon esprit le temps de refermer les portes de cette semaine de labeur. Sur le pare-brise arrière, mon fidèle SCOTT s'impatiente sûrement du week-end qui nous attends. Ha, s'il pouvait parler, il serait très certainement entrain d'accélérer le rythme, de mettre le contact et de démarrer la voiture au plus vite. Fébrile, il le serait tout autant que moi car rare sont les occasions de vivre ce que nous allons vivre ce soir et demain. Sur les sièges arrières, glacière, tente et sac de couchage se partagent la place avec mon équipement habituel de chaque randonnée. Je monte le son de l'autoradio, ouvre la vitre en grand, chausse mes lunettes de soleil, et après une grande respiration, prend enfin le départ pour Montcuq et le cinquième DSC01372Roc Montcuquois que nous allons vivre de nuit et de jour !

 

             Il est pas loin de vingt heure lorsque je retrouve mes collègues au petit camping municipal du village. L'imposante tour, seul vestige du château de Montcuq, date du XIIème siècle est est haute de près de vingt-quatre mètres, domine les environs et semble pareille à un phare guidant les marins. Ludo et Nathalie sont déjà installés et me regardent d'un air amusé alors que je galère dans le montage de la tente. Bientôt rejoins par Jean-Michel, nous terminons notre repas pas vraiment diététique mais ô combien reposant entre rondelles de saucissons et pâté maison, allons nous inscrire sur le circuit de vingt kilomètres, terminons les derniers réglages, un dernier test des lampes et nous nous dirigeons vers le pied de cette fameuse tour pour prendre le départ de cette rando nocturne en terre Quercynoise.

             C'est par petit groupe de cinq à dix personnes que les départs sont donnés afin de ne pas créer de bouchons dans les ruelles étroites du village. Notre tour arrive bientôt. Le soleil ne tardera plus à disparaître complètement derrière l'horizon, laissant la place à une toute autre ambiance, plus fraiche, plus silencieuse, plus calme aussi. Mais pour l'instant nous profitons encore des dernières lueurs du crépuscule. Nous dévalons les ruelles sans grandes assurances, préférant même poser pieds à terre lorsque quelques marches se présentes à nous. Bien vite nousDSC01373 trouvons le premier chemin. A peine venions nous de faire cinq-cent mètres que déjà l'ampoule de ma lampe au guidon rend l'âme, me laissant presque dans le noir si ce n'est la faible lueur de la frontale solidement attachée sur le casque. La soirée commence bien. Bientôt, nous voilà dans la première montée. Le chemin n'est vraiment pas large et déjà, les bouchons que nous avions évité dans les ruelles font ici leur apparition. Nombreux sont ceux qui poussent le vélo, au milieu de nombreux cailloux et racines. L'ascension est longue, et les kilomètres suivant, jusqu'au ravitaillement en fait, ne changeront pas vraiment de régime. La nuit s'installe. Par endroit, la pénombre est totale, d'épais tunnels de buis ne laissant même plus passer la lueur feutrée de la Lune et des étoiles. Il est rare que de rouler seul, mais quand cela arrive, tout change. Pas un bruit autour de vous, une impression de vide, si ce n'est ce petit halo lumineux devant votre roue. Le noir. Pour peu que l'on se laisserai facilement gagner par l'angoisse, de tels moments deviendraient vite une torture mentale. Mais c'est aussi l'occasion, à la fraîcheur nocturne, de complètement s'évader, nul autre meilleur moyen que celui-ci pour se vider complètement l'esprit, ne penser à rien, et se sentir seul, comme perdu, égaré, et pourtant si confiant. Par moment, un peu en avant ou plus en retrait, l'on aperçoit une longue trainée de lumière, comme une guirlande rompant cette torpeur nocturne. Le ravitaillement se présente bientôt, sous la charpente d'une ancienne grange. Le stand est bien garni et l'instant fait du bien.

 

             Nous venons de faire la moitié de cette rando nocturne, et la suite sera nettement plus roulante. Nous gagnons les hauteurs, pour de larges et longues pistes. L'air s'est bien radouci à présent, et quel bonheur que de profiter de tels instants ! Les étoiles semblent veiller sur notre progression, alors qu'au loin, aux limites de l'horizon, éclatent des orages dans un tumulte d'éclairs incessant. Ici, la lueur lunaire nous apporte un certain réconfort. « La nuit, tous les chats sont gris » dit le proverbe. Impossible de deviner les reliefs du sol, tout paraît plat et lisse ! Rien n'est pareil. Les montées ne semblent pas être ce qu'elles sont, les obstacles deviennent invisibles, l'anticipation dans le changement des vitesses est quasi inexistante, la vigilance est à son paroxysme dans les descente. Une autre approche du vtt. Une DSC01374approche vraiment dépaysante, où le rythme est divisé par deux, où les prises de risques sont calculées et bien souvent maximisées. L'allure générale est du genre « promenade ». Oubliées les pointes de vitesses, les coups de bourres avec un collègue et les gamineries générale. Rien de tout cela ici, juste rouler, papoter, rires, profiter de cette chaleur humaine et de liens sociaux bien réels, que l'on ne trouve guère dans le virtuel, si présent dans nos vies depuis quelques années. Un retour aux sources, voilà ce que m'inspire une telle soirée. Un grand retour aux sources, juste le fondamentaux, et pour quelques heures oublier tout le reste, faire fît de cette vie qui vous pousse toujours plus vite, appuyer sur STOP et ralentir le rythme. C'est tout. Ni plus ni moins. Simplement. Profiter de ce grand bol d'air, se retrouver et finalement, se rendre compte que cette simplicité est le meilleur remède contre la morosité et la meilleur façon de se ressourcer !

 

             Il n'est pas loin de minuit lorsque nous regagnons le pied de cette fameuse tour. Un deuxième ravitaillement nous y attend. Pointage obligatoire afin que l'organisation sache que tous le monde est rentré. Un discute un petit moment avec les bénévoles en place, faisant l'éloge d'une telle soirée. Soirée qui va se terminer vers deux heures du matin, après avoir rejoint le camping, dégusté une bonne tourtière accompagné d'une bonne bière à refaire le film de cette soirée en excellente compagnie ! Et pourtant, ce week-end débute à peine... Et le gros morceaux nous attend demain, avec la version « diurne » de ce Roc et le circuit de presque cinquante kilomètres qui nous tend les bras ! La nuit va être courte...

 

A SUIVRE...

 

Ci-dessous, la superbe vidéo de Seb réalisée lors de cette rando nocturne ! Bravo et merci à lui pour nous rappeler de si bon moments !

 


Commenter cet article

G58 20/06/2014 19:21

Super CR comme je les aime bien dans ton style !!! Un régal de lecture à chaque balade !!!

Piw 20/06/2014 22:51



Merci beaucoup ! C'est un réel plaisir que de partager nos sorties et de faire découvrir, à ma manière, la beauté de nos contrées !