Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

Vers les rives de la Dordogne, sortie vtt du 24 août 2014

29 Août 2014, 19:41pm

Publié par Piw

 

- EPISODE 76 -

 

BIRON, MONPAZIER, BELVES, ST-CYPRIEN !

UNE SORTIE EN LIGNE DROITE VERS LES RIVES DE LA DORDOGNE !!

 

vlcsnap-2014-08-29-21h22m34s165             Doucement, la fin du mois d'août approche, déjà. Et même si la plupart du temps, la météo joue au yoyo avec nos nerfs, elle a eu la décence de nous épargner la pluie les dimanches matins. C'est donc une belle journée qui nous attends aujourd'hui, malgré une matinée bien fraîche pour la saison. Pour cette sortie, il est question de tracer une « ligne droite » entre Biron et St-Cyprien et de terminer par un pique-nique sur les bords de la Dordogne. Une soixantaine de kilomètre annoncée avec les grosses difficultés à la toute fin, voilà une trace qui promet ! C'est une nouvelle fois sous la houlette de Stéphane, source intarissable en chemins et sentiers de toutes sortes, que Bruno et moi-même quittons Biron alors que la nature s'éveille doucement, à mesure que le soleil réchauffe petit-à-petit l'air alentour.

 

vlcsnap-2014-08-29-21h24m33s46             Sur le papier, l'objectif semble simple : Biron, Monpazier, Belvès, St-Cyprien. Nous allons pourtant avoir droit à de bonnes montées et de non moins bonnes descentes ! Jusqu'à Monpazier, nous suivons des chemins connus, débutant par la piste des Potences avant de rejoindre le Cambou puis de remonter derrière le château de St-Germain. L'on roule tranquillement, histoire de s'économiser pour la suite, car sans parler de la distance, Stéphane nous assure que le plus simple est jusqu'à Belvès, après... Toujours sur les chemins de randonnées balisés, nous arrivons à Monpazier où nous prenons la direction du Moulin à Vent. Nous trouvons les bois un peu après Beauvel et n'allons plus les quitter pendant un bon moment ! Juste avant les Esperonnies, c'est une longue et rapide descente que nous engageons, les doigts sur les freins, vigilant, mais appuyant que rarement sur ceux-ci, prenant de la vitesse et se jouant de cette descente vraiment jouissive ! Une fois arrivés dans la vallée, nous allons faire un petit détour pour à nouveau rouler sur un court passage que nous avons fait la semaine dernière. Petite montée abrupte sur les flans de la carrière, avant de retrouver cette monotrace au dévers prononcé s'achevant sur une descente courte mais à la pente bien sentie. Finit de jouer à présent, nous remontons vers Marié et c'est sur le côté d'une petite route de campagne, perdue au beau milieu d'une immense forêt, que nous allons faire la première pause de la matinée.

 vlcsnap-2014-08-29-21h24m59s80            Nous sommes à une vingtaine de kilomètre du départ, et il est vrai que pour l'instant, rien de bien difficile ne s'est présenté à nous, même si une deux montées furent plus raides ou plus longues que les autres. Pourtant, vu les mises en garde et les sourires en coin de Stéphane, qui lui connaît la suite, pas question de se relâcher, nous allons en avoir pour notre argent ! Nous terminons cette pause, et engageons à nouveau une longue et rapide descente, perdue entre les bois du Cros de Salès et du Gros Noyer, un nouvel appel à la vitesse malgré quelques ornières et autres branches sournoisement dissimulées. La lumière du soleil se fait plus violente alors que nous sortons de cette pénombre forestière. Les champs et larges prés remplacent à présent les arbres. Le dépaysement est total, et le spectacle magnifique et magnifié par ces jeux d'ombres et de lumières auxquels nous convient ces paysages pourtant encaissés dans la vallée de La Couze, petit ruisseau calme qui serpente ici, entre Bouillac et le GR36 que nous suivons à présent. Le décor change, c'est une réalité. Et c'est un vlcsnap-2014-08-29-21h25m30s107pur bonheur ! Il nous reste encore une grosse trentaine de kilomètre à découvrir, tels des enfants déballant fébrilement leurs cadeaux de noël au pied du sapin. Il en faut peu pour se sentir libre, loin de tous, se faire oublier sans jamais se sentir perdu, se laisser guider, porter, réaliser que finalement, les plus belles pages du livre de sa vie s'écrivent dans les moments les plus simples. Un brin de soleil, quelques arbres, des prairies à l'herbe verte encore couverte d'une rosée matinale et le doux chant des oiseaux peuplant l'endroit. Simplement. Ces petites choses sont une encre, une encre indélébile qui se pose sur le recueil de l'existence, de son existence, dansant telle une plume d'oie tenue par l'esprit d'anciens poètes, rédigeant de leur verve unique ce grand manuscrit qu'est notre âme, dépeignant dans son sillage calligraphié une infime partie du grand récit de sa propre existence...

 

vlcsnap-2014-08-29-21h26m23s134             Toujours sur les pas du GR36, nous laissons cette vallée apaisante et gagnons les hauteurs de la vaste forêt de la Bessède. Véritable dédale de pistes et de sentiers, il serait aisé que de s'égarer ici. Le sol se fait aussi moins humide et la terre prend des teintes différentes. L'on roule à bonne allure, délaissant pour un temps le GR pour profiter d'une descente unique. Entre fougères et pinèdes, le départ se fait rapide avant que le tout ne devienne technique sur un sol jonché de pierres et de racines, le sentier bordé à présent de jeunes châtaigniers. La descente s'achève. Encore fébrile de celle-ci, nous n'avons guère le temps de réaliser et subissons déjà la rude montée qui nous fait fasse. Un peu plus loin, l'on suit le bitume et arrivons à Belvès par le biais d'un vaste pré s'étendant sur des centaines de mètres et où le ciel paraît si proche. Nous atteignons finalement le point charnière de cette matinée : Belvès. Construite sur l'éperon rocheux qui domine la vallée de la Nauze, le nom de « Belvès » est une formation toponymique médiévale composée de Bellu « beau » et de visu « vue », « belle vue » et ce sens s'explique largement. L'origine de ce village classé parmi les « plus beaux villages de France » remonterait à 250 ans avant J-C, alors que la tribu celte des Bellovaques arrive dans la région et construit sur l'éperon rocheux un lieu de refuge et de marché. Il faudra attendre le XIème siècle pour que le village fortifié de Belvès prenne forme.(*)

vlcsnap-2014-08-29-21h26m53s154             L'on ne pénètre pas dans l'ancien village aux rues étroites et d'un autre âge. C'est en contournant celui-ci sur les hauteurs que nous allons trouver la descente jusqu'à Fongauffier. Débutant par un léger faux-plat descendant bordé d'un superbe mur à l'âge vénérable, celle-ci devient soudain plus rapide, plus technique, plus sinueuse. Pas le temps d'admirer les tertres qui se dessinent en face, le terrain vous rappelle à l'ordre. Une longue descente comme on les aime et qui demande presque autant d'efforts dans les cuisses que les plus longues des montées. Nous traversons la petite bourgade de Fongauffier. A croire Stéphane, profitons de ce court passage dans la vallée, la suite tant attendue s'annonce, ardue à souhait. Et effectivement, sitôt la route quittée, c'est le couperet. Un mur, tout simplement. Pour faire simple, nous attaquons la première des collines qui nous font face, la plus simple de surcroît, et déjà, le rythme se fait extrêmement lent ! Il faut appuyer de toutes ses forces sur les pédales pour n'avancer que de quelques mètres, ne voyant jamais le bout de ce flan de coteau. Enfin, sur les hauteurs de Pessarni, nous faisons la seconde pause casse-croute de la matinée, avec une vue imprenable sur ce qui nous attends par la suite, la montée de Lolivarie puis celle par les grèzes dominant Marcouzin. La suite s'annonce épique...

 

vlcsnap-2014-08-29-21h27m23s224             Profitant de cette longue et rapide descente jusque de la vallon, nous ne tardons pas à réaliser qu'il nous faut déjà remonter. Le petit hameau de Lolivarie que nous venons de traverser possède un charme certain et respire une quiétude que l'on peut sentir tout autour de nous. Toujours sur les traces de ce GR36, nous entamons notre deuxième épreuve. Bien plus longue que la première, celle-ci se fait aussi bien plus technique et carrément plus raide par endroit ! Le chemin est large, bordé lui aussi d'anciens murets couverts de mousses, les hauts arbres apportent une fraîcheur bienvenue. Un premier virage semble annoncer une accalmie. Il n'en est rien et l'ascension se poursuit sans réfléchir, toujours appuyer sur vlcsnap-2014-08-29-21h27m37s115ces pédales qui semblent de plus en plus réfractaires à tourner. Et comme pour conclure cet acte de façon magistrale, la montée se fait encore bien plus raide qu'elle ne l'est déjà, se parant s'il en était besoin d'une profonde ornière centrale. Ce sont les souffles courts que nous poursuivons, restant très peu de temps sur ce plat pourtant bienvenue. Déjà, nous dévalons vers la vallée suivante. Marcousin est derrière nous et subtilement, le décor et le terrain change de nouveau. Le tout se fait maintenant plus aride, de grosses pierres d'une pâle blancheur jonchent le chemin et sur les coteaux se dressent de hautes pinèdes et autres gigantesques sapins, donnant aux paysages des nuances nouvelles. La descente est encore bien technique. Pas question de prendre celle-ci à la légère, entre les arbres rapprochés où il faut négocier le passage et les nombreuses pierres formant un tapis au maintient plus qu'aléatoire, le tout est juste superbe ! Et nous avons bien fait de profiter de ce passage, car devant nous se dresse déjà la troisième et dernière difficulté du jour, faisant en quelque sorte office de sœur ainé, et l'on va vite comprendre pourquoi...

vlcsnap-2014-08-29-21h28m45s0             Plus courte que la précédente, elle n'en possède pas pour autant d'autres « atouts » ! Le chemin n'est pas des plus roulant, entre les ornières et les pierres fuyantes. Le soleil se fait lui aussi plus mordant, et l'on en viendrait presque à regretter les sombres forêts de tout à l'heure ! Un virage en épingle et l'ascension se poursuit. Bientôt, comme pour ne pas changer une règle bien établie, la montée se fait plus raide, amenant avec elle de larges racines en travers de la trace. Bien doué que celui qui parviendrait à passer cela sans poser un pied à terre ! Enfin, l'on débouche sur les hauteurs de La Grande Marque. Une petite erreur d'orientation va nous faire redescendre dans la vallée par la route, mais cela n'est pas bien grave tant la vue qui nous est offerte est splendide ! L'on traverse Marnac et gagnons Saint-Cyprien par la route. Bientôt, nous voilà longeant les rives de cette Dordogne que nous rêvions depuis le départ. Les champs de maïs sont maintenant notre décor. Le chemin est encore long jusqu'à notre point de ralliement, même si tous cela se déroule sur le plat de la vallée. Les cuisses font terriblement mal, mais bientôt se dessinent la raison de tous cela : une bonne table, au bord de la Dordogne, en compagnie d'excellents compagnons ! Presque cinquante-cinq kilomètres au compteur, voilà une sortie peu commune ! Place à présent au repos, sous la fraîcheur de ces arbres plongeant profondément leurs racines au fond de l'eau, et autour d'un bon vin !

 

Les bois et forêts, les collines et grèzes abruptes, les longues descentes techniques et sinueuses, les montées ardues et éreintantes, tous ces lieux et chemins que nous venons de découvrir, que nous venons de vivre, resteront à n'en pas douter profondément encrés dans nos mémoires. Il fût surprenant de voir à quel point le décor et la nature ont changé tout au long de cette matinée, se peignant tel un dégradé aux couleurs de départ vertes et marrons, pour s'aventurer subtilement, lentement vers des teintes plus grises et plus sèches, nous offrant un dépaysement total en, paradoxalement, si peu de kilomètre ! Epique !

 

Sylvain « Piw »

 

Circuit : 54 kms / Durée : 3h18 / Moyenne : 16,4 kms/h / D+ : 910 / D- : 1050

 

 

carte240814
 


Commenter cet article