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Entre Périgord et Quercy, les récits et vidéos de nos sorties VTT

Entre Saint-Front(47) et Bonaguil(47) du 09 mars 2014

14 Mars 2014, 20:22pm

Publié par Piw

- EPISODE 55 -

 

 

UN PETIT AIR PRINTANIER !!

QUAND LES VESTIGES DU PASSÉE CÔTOIENT

LA RUDESSE DE NOS CHEMINS !

 

vlcsnap-2014-03-14-21h02m08s119             Il serait dommage de se priver de cette superbe période ensoleillée à laquelle nous avons droit depuis quelque jours ! C'est une matinée et une journée exceptionnelles qui s'annoncent, avec plus de dix degrés sur les thermomètres bien avant neuf heure ce matin ! Notre sortie du jour va nous faire prendre le départ de Saint-Front, pour une boucle qui va se révéler bien plus ardue que prévue et qui va laisser des traces... Nous sommes huit à prendre le départ sous ce superbe ciel bleu, pendant que quelques pêcheurs taquinent une truite bien plus futée qu'il n'y paraît !

 

             Nous quittons « Saint-Front » en direction de « Lastreilles ». Un petit détour par « Sarmes » avant de trouver les traces du GR36 que nous allons suivre pendant un long moment. Les terres commencent à sécher, enfin, et quel bonheur ! Comme cela fait du bien que de pouvoir rouler sur des chemins presque secs, sans se soucier d'une flaque d'eau et d'un équilibre pas toujours certain ! Rien de tout cela aujourd'hui, bien que certains endroits reclus gardent encore les stigmates de cet hiver humide et pluvieux. C'est donc rapidement que nous arrivons aux abords de « Lastreilles » et que nous entamons la première montée de ce matin, vers les plateaux du « Peyroulet ». Il fait déjà bien chaud sous ce soleil éclatant, soleil qui fait éclore jours après jours violettes, pissenlits et autre pâquerettes. La nature s'éveille, doucement, délicatement, et quel plaisir que d'assister à ce réveil saisonnier, à la fois lent et immuable. C'est ici que nous quittons le GR et que nous entrons au plus profond des bois de « Gallou ». Profitons-en, voilà l'une des rares parties plates et roulantes de cette sortie ! Nous quittons cette large piste pour une descente des plus épineuses, dans tous les sens du terme ! Quelle bonne idée que de vouloir suivre... suivre quoi en réalité ? Si ce n'est l'entrée du chemin, soit trois ou quatre mètres, rien ne laissait présager une suite banale ! Des épines en tout vlcsnap-2014-03-14-21h16m13s132genres tapissent le sol, du genièvre, des ronces, des buissons et bien d'autres arbustes inconnus ! Une chance si tout le monde arrive au bout sans crever... Je sais la route pas bien loin, et pourtant, plus nous progressons, plus le tout se fait épais, griffant nos bras et nos jambes sans ménagement. Nous arrivons enfin sur le bitume, et nous ne faisons que traverser cette route pour un chemin beaucoup plus calme. Aux abords d'un pré, l'on peut y voir les ruines d'une ancienne bâtisse, ainsi que celles de ce qui semblait être un moulin, donnant au tout un charme unique. A n'en pas douter, ce corps de ferme devait être d'une beauté et d'une activité sans pareille avant que les affres du temps ne le couvre de mousses et de lierres. Nous ne tardons pas à retrouver la piste que nous allons suivre jusqu'à « Laville » avec une bonne montée juste avant d'arriver aux premières maisons du hameau. Mais, bien loin de s'en douter, le plus facile est à présent derrière nous, et nous allons à l'encontre d'une seconde partie que nous ne soupçonnions même pas...

 

             Nous venons de rejoindre les traces de la variante du GR. Jusqu'à « Bonaguil », le tout se veut roulant, rapide, par ce sentier boisé où nombreuses sont les racines. Ça tourne, ça bifurque, avant de redescendre vers le château par ce chemin toujours plus rapide. Nous allons contourner le village en passant par le flan du « Roumal », haute colline vlcsnap-2014-03-14-21h03m01s140rocheuse d'où l'on profite d'une vue unique sur l'imposant donjon qui fait la renommé de nos terres. Le chemin n'en est pas moins ardu, les pierres et les rochers sont légions, sans parler de cet immense « mur » qui nous fît face à l'entrée des bois ! Une montée impressionnante, raide, technique, bref, un grand moment énergivore que nous n'attendions pas vraiment ! La suite sera malgré tout plus joueuse et que dire de la descente jusqu'au village, avec cet imposant donjon qui vous accueille et vous observe à la sortie du couvert végétal, et dont l'on ne peut détourner le regard tant l'édifice impose une prestance et une présence sans nulles autres pareille ! Nous quittons « Bonaguil », laissant derrière nous ce lieu chargé d'Histoire et d'histoires et suivons la route quelques temps afin de souffler un peu...

             Et grande idée que nous avons eu là ! Le sentier, sauvage, que nous allons prendre maintenant va une nouvelle fois nous proposer un grand moment d'ascension ! Jusqu'au « Fournol », tout n'est que montée, ardue, pentue, étroite, technique, bref, nous voilà sur LA montée de cette sortie ! L'endroit dégage pourtant un charme évident, et les quelques pieds de buis qui poussent ici apportent un vert presque rafraîchissant devant l'ampleur de la tâche ! Les arbres ne se gênent pas pour pousser de travers et largement déborder sur le sentier, alors que de sournoises pierres viennent mettre à mal un pilotage déjà pénible. Enfin, le paysage qui se dessine à nous une fois sur les hauteurs valait vraiment le détour, sonnant comme une récompense après cette montée. Je n'aurais pas pensé que le tracé de ce matin allait contenir autant de passages ardus. Pourtant, nos chemins se méritent, ainsi que la beauté des paysages qui s'impose après une épreuve plus dure que prévue. Et vlcsnap-2014-03-14-21h02m35s146c'est dans cela que réside tout le charme de notre région, nulles montées, plus dure ou plus technique, n'est vaine, et c'est une fois arriver à son terme que l'on découvre combien il aurait été dommage que d'abandonner tantôt. Que ce soit un vaste paysage, un modeste ou plus imposant édifice du passé, un décor plus aride et sec ou encore le versant d'une colline toute proche, rien n'a d'égal que le plaisir de découvrir cette richesse, unique et pourtant si simple, apaisant le corps et l'esprit, quand celui-ci ne se perd pas dans des méandres dont il est le seul à en connaître l'issue. Après ce « violent » passage, nous trouvons un peu de calme au cœur des bois de « Bouillac » avant de redescendre tout de go à une vitesse folle...

 

             Nous venons de laisser les ruines du « Périé » et déjà la descente s'amorce. D'abord doucement, puis bien plus rapide à mesure que les virages en épingles défilent ! Nous dévalons ce chemin à pleine vitesse, jusqu'à terminer à la naissance d'une source, endroit bucolique s'il en est, où nous allons poser nos montures afin de profiter d'une pause plus que méritée ! Ici, le silence n'est que légèrement troublé par une eau qui s'écoule tranquillement. Le gracieux chant d'une multitude d'oiseaux apporte à l'endroit une atmosphère toute romanesque, dans ce vallon reposant, d'où contes et légendes pourraient tirer une inspiration certaine !

             Bientôt, nous nous remettons en route et sortons des bois non loin de « Pech Peyrou ». Il ne nous faut pas longtemps pour retrouver les arbres, alors que nous entrons dans la forêt de « Laspailloles ». Les châtaigniers sont ici plus nombreux et le chemin très rapide. Nous traversons le petit ruisseau de la « Poulètie » avant d'amorcer une nouvelle montée. Celle-ci va nous faire traverser « Laborderie » pour rejoindre les hauts plateaux du « Pech de Mirabel ». D'ici, la vue est imposante, et le clocher de l'église cuzornaise émerge de par delà les arbres. Le soleil tape fort en ce mois de mars, mais quel bonheur, quelle sensation agréable que cette dovlcsnap-2014-03-14-21h00m57s161uce chaleur solaire ! La montée se termine alors que nous traversons « Péméja ». Nous arrivons bientôt au point d'orgue de cette sortie, à ce petit single que je connais par cœur mais dont mais compagnon ignore jusqu'à l'existence. Tout ce que nous venons de faire avait pour but cet instant. L'entrée du sentier est habillement dissimulée, et une fois engagés, il ne nous reste plus qu'à laisser la trace faire le reste ! Un moment magique, unique, rapide, technique ! Lorsque nous laissons les arbres, c'est pour de hautes herbes d'un vert puissant aussitôt remplacées par un passage bien plus secs et rocailleux avant de nouveau retrouver une végétation plus dense. La descente se fait maintenant plus pentue, plus intimiste aussi, tant les arbustes couvrent ce sentier, formant un tunnel toujours plus étroit. Le tout se termine avec une petite marche en pierre à négocier habilement, et nous voilà au beau milieu du ravin de « Péchabot », revenant vers « Rouby » à vive allure, le souvenir encore bien ancré du moment que nous venons de vivre...

 

             Nous voilà de retour dans la vallée de la « Lémance ». Ici, notre groupe va se scinder en deux. Trois vont rejoindre « Saint-Front » par la route et les cinq autres vont de nouveau s'attaquer à une rude montée. Presque un vlcsnap-2014-03-14-21h16m40s139kilomètre nous sépare des hauteurs de « Péchabot ». Le début nous propose une sympathique gariotte, avant de passer à des choses plus sérieuses. Rien de technique ici, tout est dans l'endurance et la longueur. Pourtant, à un rythme lent et calculé, l'ascension se déroule sans heurts, et, une nouvelle fois, nous sommes récompensés par un paysage superbe, dominant les chaumières de « Saint-Front » qui paraissent bien petites vue d'ici ! Nous suivons à présent cette étroite route de campagne jusqu'à « Badet » pour redescendre dans la vallée par un chemin presque oublié mais ô combien sublime ! Midi, sonnent les cloches du village, lorsque nous terminons cette sortie d'à peine trente kilomètre. Une sortie unique, c'est certain, et qui restera longtemps gravé dans la mémoire de chacun présent ce matin ! Une difficulté élevé, certes, pour le nombre de kilomètres, mais des chemins superbes, des paysages qui le furent tout autant, et, au risque de me répéter, c'est là toute la force de nos contrées ! « À vaincre sans péril, l'on triomphe sans gloire », l'écrivait Corneille. Et cette maxime prend toute sa signification aujourd'hui, à l'heure de tirer un bilan sur cette sortie. Chaque montées, chaque passages plus dur et épuisant, ont ce matin trouvé récompense une fois l'effort achevé.

 

             Il en va ainsi que de la rudesse de nos terres, à la fois sauvages, indomptables, secrètes et mystérieuses. Elles ne s'offrent pas facilement, non, elles se méritent. Mais une fois qu'on l'on en saisit la bride et que l'on parvient à rester en selle, dans un équilibre parfois précaire, elles se dévoilent, inondant de leurs richesses notre regard et notre âme, s'abandonnant un cour instant afin de nous guider vers un déluge d'émotions, entre panoramas tantôt grandioses tantôt intimes, entre ruines et vestiges de l'Histoire, en des lieux où passé et présent se croise, en des lieux emportant votre esprit dans une folle danse entre imaginaire et réalité, entre comtes et légendes. Rien n'est vain, chaque endroit traversé laisse deviner des bribes de son existence, et une vie entière ne suffirait pas pour en découvrir et en apprécier tous les mystères.

             Il en va ainsi que de la rudesse de nos terres, de nos contrées, à chacun maintenant d'y trouver la raison de sa venue en leurs seins...

 

Votre serviteur, Piw

 

Circuit : 28 kms / Durée : 2h28 / Moyenne : 11,3 kms/h / D+ : 780

 

 


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